MANDRAGORE

MANDRAGORA OFFICINARUM

A. Etude de l’Instituto de Altos Estudios Homeopáticos James Tyler Kent

Ecole de Médecine Homéopatique Alfonso Masi Elizalde


I/ THEMES


1. Etat dépressif, nervosité, irritabilité, mécontent.

A13 Une curieuse excitabilité sans repos,  apparentée à l’hystérie, peut-être nous devrions dire essentiellement hystérique, 2.

Mauvais pouvoir de concentration, prostration, perte de la mémoire, tête comme engourdie, effets narcotiques, somnolence

. Etat psychique alternant : bonne humeur, généreux, embrasserait le monde entier; puis déprimé, humeur chagrine et mécontent, tête comme engourdie, mauvais pouvoir de concentration.

. L’euphorie alterne facilement avec la dépression et vice versa.

. Très nerveux et irrité, hypersensible au bruit et aux odeurs, à la lumière, et nettement amélioré en urinant.

2. Industrieux

Manie du travail

3. Chaleur brûlante, points brûlants en certains points du corps. Brûlure dans la gorge, l’anus après la selle, de la peau par l’exanthème et les furoncles.  Langue sèche, irritée comme à vif, comme brûlée par de l’eau chaude. Poussée fébrile et douleur de la vésicule biliaire.

4. Douleur irritante. Irritation et prurit, toux d’irritation.

5. Lèvres, bouche, palais, secs et douloureux.

6. Douleur en aiguille à la partie supérieure du bras droit, s’irradiant vers la main ; avec sensation d’engourdissement, picotements du cœur. Céphalées forantes, piquantes douleurs piquantes dans l’estomac, les paupières, douleur pénétrante dans la vésicule biliaire.

7. La pression forte améliore la douleur de tête.

Pesanteur dans la tête, le thorax, le cœur, le bras, la jambe, les yeux, l’estomac, l’abdomen supérieur.

8. Engourdissement, insensibilité : sensation de doigts morts, perte du toucher au niveau des mains, impression que ses propres mains ne lui appartiennent pas.

9. Exercice, mouvement, repos, marche

L’estomac douloureux, comme une plaie, sensible à la pression et au mouvement, tout pas provoque une douleur piquante, s’améliorant en se pliant en deux et par le repos.

10. Pâleur subite

11. Pire par le plus léger contact. Inflammation aiguë des racines dentaires ; très douloureuses au toucher.

12. Névralgie oculaire avec flammèches, éblouissements, vision trouble.

Pupilles dilatées (mydriase) et larmoiement. Hypersensibilité à la lumière.

Obscurcissement du champ visuel, les objets paraissent flous.

Céphalée pulsante, comme dans le brouillard et le crâne paraît agrandi.

L’estomac douloureux, comme une plaie, sensible à la pression et au mouvement, tout pas provoque une douleur piquante, s’améliorant en se pliant en deux et par le repos.

Poussée fébrile et douleur de la vésicule biliaire.

Rêves d’accidents, effrayants, d’assassins, crash d’avion  (répertoire de Van Zanbord)

13. Illusion qu’il est possédé : (réponse clinique, fortes doses). Manie de  possession par les démons.

14. Manger

Amélioré en mangeant, sensation de faim améliorée rapidement en mangeant.

Céphalée par estomac vide, améliorée en mangeant.

Douleurs crampoïdes de l’estomac, nettement améliorées en mangeant, en buvant, en s’allongeant.

15. Amélioré en se penchant en arrière et en s’étirant.

Abdomen, estomac, côté droit de l’abdomen.

(Plénitude, flatulence, réplétion, pesanteur.)

Pouls fort, menstruations épaisses,

Evacuation en flot de sang ou de caillots suite à des hémorroïdes.

Jet urinaire épais, urine abondante, urgence pour évacuer, diarrhée, excrétions copieuses

16. Miction et  transpiration qui améliorent

A 16 Tous les symptômes désagréables s’en vont  la nuit au lit, et sont remplacés par une douce transpiration,1

Sueur nocturne, épuisante ; froide du tronc, vers minuit, puis sensation de mieux.

Le sang et la sueur collants, la langue saburrale,  le sang épais et foncé.

Le jaune, le marron, l’ictère, le vomi, la diarrhée jaune, la leucorrhée.

Les selles dures ou molles avec des traces de sang, évacuations en jets avec caillots, hémorroïdes.

L’odeur forte, la mauvaise haleine, l’urine et la sueur d’odeur forte

17. Stérilité. Fertilité.

Sommeil perturbé par des rêves désagréables, ou par des douleurs musculaires.

18. Mains, bras, embrasser,

Crampes des mains et des bras. Crampes de l’écrivain. Douleur crampoïdes des articulations.

Embrasserait le monde entier.

Impression comme si ses mains ne lui appartenaient pas.

19. Matin au lever et au réveil, le premier mouvement.
20. Saleté

Visage malpropre, saleté, le linge du corps et du lit devient sale.

21. Excitabilité et épuisement

Hoquet avec salivation.

Faux besoins impérieux d’uriner.

Douleurs  récurrentes.

Epuisement, faiblesse, et collapsus.

Dans Allen, une curieuse excitabilité sans repos et une faiblesse physique

22. Aggravations

- en se pliant en avant, par les exercices physiques.

- par le tabac, l’alcool, les graisses, le café

- par le soleil, le temps lourd, orageux, par l’orage.

- par le moindre contact.

L’estomac douloureux, comme une plaie, sensible à la pression et au mouvement, tout pas provoque une douleur piquante, s’améliorant en se pliant en deux et par le repos.

Intolérance à l’alcool.

Laisser pendre les jambes aggrave la douleur sciatique

Améliorations

La marche et la chaleur améliorent la douleur sciatique.

Chaleur du lit.

Repos.

Douleur dans toutes les articulations > par le mouvement prolongé.

Douleur avec engourdissement et pesanteur

Amélioré par la pression, le froid, l’air froid, et après l’orage.

Amélioré en se pliant en avant et par le repos (douleur de l’estomac)

Latéralité droite


II/ GROUPEMENT DE THEMES

1. Irritabilité, hyperesthésie, hypersensibilité : brûlé, chair à vif, aiguille, piqûres, douleur pénétrante.

Sensibilité aux bruits, à la lumière, photophobie, éblouissements, olfaction, toucher, peau, tractus digestif, chaque pas.

Douleur piquante comme une plaie. Blessure piquante, pénétrante.

2. Diminution de la sensibilité : Engourdissement, assoupissement, sa main ne lui appartient pas, effets narcotiques, somnolence, tête comme engourdie, comme dans le brouillard, objets flous, parésie, pesanteur, collant, poisseux, saburral.

3. Alternance

4. Excrétions abondantes, plénitude, évacuations améliorent, urgence, fausse urgence

Jet urinaire épais, miction et transpiration > excrétions copieuses.

Hoquet avec salivation. Plénitude, flatulence, réplétion.

Pouls fort, hémorragie, sang, sueurs, hoquet avec salivation.

Faux besoins urgents d’uriner.

Diarrhée, soudaine, impérieuse, ne peut  joindre assez rapidement les cabinets.

5. Bras, Embrasser, main, épaule, généreux, embrasserait le monde entier. Cœur comme dans un étau

Généreux, embrasserait le monde entier, manque de sensibilité dans le bras. Pesanteur sur le cœur avec parésie dans l’épaule gauche et le bras.

Serrement du cœur comme si la poitrine était serrée dans un étau ; amélioré par la chaleur, le lit, le repos.

Douleur dans le bras droit et dans la jambe gauche.

Douleur à l’omoplate et la main droite.

Douleur épaule et poignet gauches, pire par le mouvement.

Lourdeur et engourdissement du bras gauche.

Douleur musculaire dans les hanches.

Pâleur subite du visage et sensation de doigts morts.

Engourdissement et froideur du bras, surtout droit.

6. Mouvement – repos, le premier pas, le premier mouvement, se plier, laisser pendre, s’étirer, mouvement prolongé.

7. Nutritive, manger, se rassasier, estomac vide.

Piliers

  • Hyperesthésie, chair à vif . Engourdissement.
  • Ecoulements, Expulsion
  • Embrasser. Etau. Cœur.


III/ DYNAMIQUE MIASMATIQUE

1.La souffrance

4 Ensemble de l’étape projetée de la psore. Comment souffre-t-il?

a) l’hypersensibilité

Etat dépressif, nervosité, hypersensibilité au bruit.

Troubles de la sensibilité : hyper-ou hypoesthésie.

On a l’impression que la sensibilité profonde est également perturbée.

Racines des dents douloureuses au contact.

Vertige

b) Piqûres, pénétrer, brûlures, chair à vif, ébouillantement, pression.

Céphalée pulsante, comme dans le brouillard et le crâne paraît agrandi.

Céphalées forantes, pesantes, piquantes, aggravées en se penchant, au soleil, par l’orage, après un effort corporel, par le tabac et l’alcool, par un attouchement léger ; améliorées par la pression, le froid, l’air frais, après l’orage.

Céphalée matinale suite à une mauvaise digestion accompagnée de mauvaise humeur.

Sensation de brûlures localisées à certains endroits du corps.

Chaleur brûlante, points brûlants à certains endroits du corps, gorge, anus après défécation, de la peau par l’exanthème et les furoncles, douleur brûlante de la langue, sèche comme de la chair à vif, comme ébouillantée par de l’eau chaude

Douleur irritante. Irritation et prurit.

Piqûre comme une aiguille dans la tête, le bras, le cœur, l’estomac, dans les paupières.

L’estomac douloureux, comme une plaie, sensible à la pression et au mouvement, tout pas provoque une douleur piquante, s’améliorant en se pliant en deux et par le repos.

Déglutition douloureuse. Sécheresse intense du larynx avec toux d’irritation.

Douleur du larynx comme à vif.

Douleur brûlante après avoir évacué.

Poussée fébrile et douleur de la vésicule biliaire.

Sommeil agité par des rêves déplaisants ou horribles.

Douleur en aiguille à la partie supérieure du bras droit, s’irradiant vers la main; avec sensation d’engourdissement.

c) Cœur comme dans un étau

Serrement du cœur comme si la poitrine était serrée dans un étau ; amélioré par la chaleur, le lit, le repos.

Les douleurs cardiaques s’aggravent sur le matin, avant l’orage, par des efforts, le mouvement ; s’améliorent au lit, par le repos, l’air frais.

Anxiété avec douleur de poitrine (Stph).

Poids sur le cœur avec parésie de l’épaule et du bras gauche.

d) par l’estomac vide, par mauvaise digestion,

Céphalée par estomac vide, améliorée en mangeant.

Céphalée matinale suite à une mauvaise digestion accompagnée de mauvaise humeur.

Douleurs crampoïdes de l’estomac, nettement améliorées en mangeant, en buvant, en s’allongeant.

Sensation de faim rapidement disparue en mangeant très peu.

Hoquet avec salivation ; rots et nausées.

e) par les sucreries, l’alcool, le café et les graisses

Aversion pour l’alcool et intolérance, aversion pour les graisses et l’odeur des plats cuisinés

Désir de sucreries qui ne sont pas tolérées.

Aggravé par café et le gras.

f) distension abdominale

Ballonnement intense vers minuit et toute la région droite est tendue, douloureuse avec irradiation vers l’épaule droite, côté droit de la tête et fort besoin d’aller à la selle.

Douleur à répétition ; toutes les demi-heures, à partir de 20h, siégeant à la partie inférieure du ventre et s’améliorant en se penchant en arrière.

g) Pire par le mouvement

Forte douleur à l’épaule droite, pire par le mouvement.

Douleur bras droit et jambe gauche.

Douleur à l’omoplate et main droite.

Douleur épaule et poignet gauches, pire par le mouvement.

Marcher est douloureux le matin au lever.
Douleurs crampoïdes de toutes les articulations avec sensation de lourdeur et d’engourdissement.
Sensation de pesanteur dans les membres.

Jambes lourdes, froides, marche douloureuse au lever.

En résumé :

Il souffre d’une hypersensibilité qui s’exprime en brûlures, ébouillantement, perforation, chair à vif, internes et externes, hypersensibilité au bruit et à la lumière, et au toucher. Le cœur comme serré dans un étau. L’intestin distendu. L’amélioration par le repos, l’air libre. Il s’aggrave par le mouvement, en bougeant les membres, marchant, en commençant à bouger.

2. Réactions à la souffrance

(Ensembles de l’étape réactive de la psore)
Egolyse.

(fuite ou exagération de la perte)

a) Insensibilité, endormissement

Insensibilité et étrangeté au niveau des membres supérieurs, membres inférieurs, des muqueuses.

Langue couverte d’un enduit blanc, et mauvaise haleine.

Impression que ses propres mains lui sont étrangères.

Des objets, qu’on tient à la main, ne sont plus identifiés.

On a l’impression que la sensibilité profonde est également perturbée.

Pâleur subite du visage et sensation de doigts morts.

Engourdissement et froideur des bras

b) Prostration, débilité, manque de force pour évacuer, atonie.

Mauvais pouvoir de concentration, prostration, perte de la mémoire, tête comme engourdie, effets narcotiques, somnolence.

Malgré un bon sommeil, se sent somnolent comme s’il avait absorbé un somnifère.

Symptômes mentaux aigus  avec faiblesse physique (répertoire).

Excitabilité agitée et faiblesse physique.

Apathie  (Stph)

Prostration, tristesse suivie d’urines fréquentes (Stph).

Constipation avec selles comme des billes et ténesme.

Selles molles ou dures sont mélangées avec du sang.

Forte atonie vésicale malgré besoin impérieux.

Miction difficile, doit presser pour sortir les dernières gouttes d’urine.

Selle jaune blanchâtre, malodorante, difficile à expulser avec des faux-besoins.

Poids sur le cœur avec parésie de l’épaule et du bras gauche.

Crampes des mains créant une grosse difficulté pour écrire.

Malgré un bon sommeil, il se sent somnolent comme s’il avait absorbé un somnifère.

c) ulcérations (exagération de la sensation de chair à vif, cette fois, elle est ulcérée)

Ulcération des gencives et des lèvres.

Aphtes de la langue et des joues.

Hémorragies des gencives.

Amygdalite cryptique, purulente et douleurs de la gorge.

d) mauvaise humeur

Céphalée matinale suite à une mauvaise digestion, accompagnée de mauvaise humeur.

e) Stérilité

Egotrophie

Egotrophie 1er degré franche ou masquée.

(Comment  se défend-il quand il essaye de s’imposer ou dominer de manière franche ou masquée (quand il nie la perte)?

a) Industrieux (Stph)
b) Amélioré par les écoulements, expulsion d’urine, de selles.

Amélioré par la miction.

Humeur améliorée après la miction.

Amélioré parfois par les évacuations de diarrhée et en se mettant debout et déambulant.

Plénitude et pesanteur à la partie supérieure de l’abdomen avec dyspnée, battements du cœur, s’améliorant en bougeant et se levant.

Amélioré par des renvois et expulsion de gaz.

Diarrhée estivale fébrile, faux besoin et faim canine.

Jet urinaire épais. Énurésie nocturne. Urine abondante, claire, laiteuse par dépôt de phosphates, couleur brune (comme de la bière) avec forte odeur, accompagnée d’ictère conjonctival.

Sang épais, poisseux, et foncé

Evacuation en flots de sang ou caillots de sang à la suite d’hémorroïdes.

Désir de nourritures piquantes et plats relevés

Désir de viande, fromage, sucreries.

Douleurs de toutes les articulations, colonne vertébrale comprise, en général améliorées par un  mouvement prolongé.

Douleurs musculaires, hanches, cuisses, jambes, pires au repos et dans la soirée.

Egotrophie élaborée 2ème degré,
(il vit l’attribut envié)

Généreux, embrasserait le monde entier.

Exaltation (Stph)

Noyaux psoriques

(Noyaux de l’étape primaire de la Psore)

a) Sensation de perte :

Sent tout comme sur une chair à vif.

Sur une chair à vif, comme blessée, troubles de la sensibilité, hyperesthésie. Hypersensible au bruit, à la lumière. Vision trouble, éblouissements, photophobie,

Quelque chose qui devrait être agréable comme une embrassade, est une constriction du cœur : comme si la poitrine était serrée dans un étau,

Il perd la force, le tonus musculaire, la capacité expulsive.

Il perd la capacité d’utiliser les bras et les mains et de marcher.

Stérilité

c) Peur du châtiment

Sommeil agité par des rêves déplaisants ou horribles.

Rêves d’accidents, effrayants, d’assassins, crash d’avion (répertoire de Van Zanbord)

d) Justification:

Possession démoniaque.

e) Réconciliation:

Se pencher en avant améliore, se reposer améliore, la chaleur du lit améliore.

Serrement du cœur comme si la poitrine était serrée dans un étau ; amélioré par la chaleur, le lit, le repos.

L’estomac douloureux, comme une plaie, sensible à la pression et au mouvement, tout pas provoque une douleur piquante, s’améliorant en se pliant en deux et par le repos.

Céphalée par estomac vide, améliorée en mangeant.

Douleurs crampoïdes de l’estomac, nettement améliorées en mangeant, en buvant, en s’allongeant.


IV/ SCHEMA ANTHROPOLOGIQUE

(la fonction altérée)

NIVEAU SENSITIF

Cognitif

1.Sens externes

- Vue

Névralgie oculaire avec flammèches, éblouis­sements, vision trouble.

Pupilles dilatées (mydriase) et larmoiement. Hypersensibilité à la lumière.

Obscurcissement du champ visuel, les objets paraissent flous.

-  Ouie

Nerveux et irritable hypersensible au bruit et aux odeurs, à la lumière, amélioré par la miction.

Exagération des sons.

- Toucher

Il ne peut identifier les objets qu’il tient.

Langue engourdie (Allen 7).

Engourdissement et froideur du bras, surtout droit.

- Goût

Goût singulier, sensation d’acide (Allen 8)

- Propioceptive

On a l’impression que la sensibilité profonde est également perturbée.

2.Sens internes:

- Sens commun

C’est le seul des sens internes qui nécessite l’objet externe.

Des objets, qu’on tient à la main, ne sont plus identifiés.

3.L’imaginaire

Céphalée pulsante, comme dans le brouillard et le crâne paraît agrandi.

Serrement du cœur comme si la poitrine était serrée dans un étau.

Céphalées forantes pesantes, piquantes.

Douleur en aiguille à la partie supérieure du bras droit, s’irradiant vers la main ; avec sensation d’engourdissement.

Les articulations avec sensation de pesanteur.

Insensibilité et étrangeté au niveau des membres supérieurs, membres inférieurs, des muqueuses.

Impression que ses propres mains lui sont étrangères.

Sensation comme une plaie

Douleur brûlante de la langue, sèche, irritée comme à vif, comme brûlée par de l’eau chaude.

Appétitif

1. Concupiscible

- Amour-haine

Généreux, embrasserait le monde entier

- Joie

Exaltation (RS)

- Désir

Désir de mets relevés, piquants, viande, poisson, lait aigre, fromage,  beurre, riz, sucreries, (RS).

Désir sexuel  augmenté.

- Aversion

Acides. Alcool, stimulants, graisses, nourriture grasse,  tabac , café , vin.

- Tristesse-joie

Tristesse alternant avec euphorie.

Tristesse améliorée en urinant.

Douleur, hypersensibilité au bruit.

2. Irascible

- Colère

Très nerveux et irrité, hypersensible au bruit.

Céphalée matinale suite à une mauvaise digestion, accompagnée de mauvaise humeur.

Chaleur brûlante, points brûlants en certains points du corps. Brûlure dans la gorge, l’anus après la selle, de la peau par l’exanthème et les furoncles.

Capacité motrice

Agitation pendant la faiblesse.

Commencer le mouvement aggrave, le mouvement prolongé améliore.

Immobilité aggrave.

S’étirer améliore.

Crampes des mains et des bras. Crampes de l’écrivain.

Douleurs crampoides des articulations.



NIVEAU VEGETATIF

Nutrition

Céphalée par estomac vide, améliorée en mangeant.

Douleurs crampoïdes de l’estomac, nettement améliorées en mangeant, en buvant, en s’allongeant.

Hoquet avec salivation; rots et nausées.

Déglutition douloureuse.

Sécheresse intense du larynx avec toux d’irritation.

Palais, estomac.

Sensation de faim rapidement disparue en mangeant très peu.

Céphalée matinale suite à une mauvaise digestion accompagnée de mauvaise humeur.

Malgré un bon sommeil, se sent somnolent comme s’il avait absorbé un somnifère.

Sommeil agité par des rêves déplaisants ou horribles, par des douleurs musculaires.

Jet urinaire épais, urine abondante, urgence pour évacuer, diarrhée, excrétions copieuses.

Selles molles ou dures sont mélangées avec du sang.

Evacuation en flot de sang ou de caillots suite à des hémorroïdes.


Génération

Stérilité

Sensibilité douloureuse dans l’utérus.

Menstruations : flots de sang

Désir sexuel augmenté  ou diminué.


Dictionnaire de la langue (espagnole)

Chair à vif (carne viva):

Se dit d’une partie du corps  accidentellement dépouillée de son épiderme,

Irritabilité:

Propriété que possède tout élément matériel d’être mis en activité et de réagir d’une certaine manière sous l’influence des excitants extérieurs.

Sensibilité exagérée d’un organe aux excitations légères.

Embrasser:

Embrasser, ceindre, entourer avec les bras, étreindre entre les bras en signe d’affection ou de tendresse.

Comprendre, contenir, inclure.

Accepter admettre,

Contenir:

Porter en enserrant en soi une chose par une autre

Inclure : mettre une chose dans une autre ou dans ses limites, contenir une chose par une autre ou la porter implicitement.

Comprendre:

Ceindre, embrasser, entourer une chose de toutes parts. Comprendre (intellectuellement), atteindre, pénétrer.

Trouver justifiés les actes et sentiments des autres.


RESUME

Mandragora sent tout comme sur la chair à vif ; ce qui devrait être agréable (lumière, sons, toucher, odeurs, aliments, contenu intestinal), il le vit douloureusement (estomac comme blessé) et comme un resserrement (Serrement du cœur comme si la poitrine était serrée dans un étau).

Il perd la force musculaire, reste prostré, ne peut utiliser les mains et les bras qui servent pour embrasser.

Inversement, dans l’égotrophie, il affiche d’embrasser tout le monde.

L’embrassade porte l’idée de contenir, Alors Mandragora perd la capacité d’être embrassé, contenu agréablement et de contenir, et il perd la capacité de générer, (stérilité) qui implique contenir.

Raisonnons ainsi : si Adam Mandragora perd la capacité de percevoir agréablement  l’embrassement et de contenir agréablement en lui, il a dû l’avoir refusé, il a dû se rebeller contre le fait de recevoir quelque chose qui maintenant lui est douloureux.

Ceci nous mène à l’hypothèse suivante.


SOMME THEOLOGIQUE

Le premier article de la question 8 de la Somme Théologique de  Thomas d’Aquin, propose la question suivante : Dieu est-il ou non en toutes choses? De tout l’article nous retenons la seconde objection. Celle-ci dit que Dieu ne peut être dans les choses parce que ainsi, Il se verrait contenu (embrassé, limité) par celles-ci. Et évidemment, cela ne peut être : rien ne peut limiter Dieu

La réponse à l’objection  peut nous éclairer sur le problème de Mandragora :

2. Si dans le domaine des êtres corporels, dire que l’un est dans l’autre, c’est dire qu’il y est contenu ; au contraire, les choses, les êtres spirituels, eux, contiennent ce dans quoi ils sont : ainsi l’âme contient le corps. C’est pourquoi Dieu est dans les choses comme contenant les choses. Toutefois, par analogie avec le monde corporel, on dit que toutes choses sont en Dieu en tant que Dieu les contient.

L’âme immatérielle par exemple, contient le corps, auquel elle donne la forme et le modèle, elle est à la fois dans le corps et l’entoure et le limite. De manière semblable, Dieu est vraiment dans les choses, mais non attrappé par elles mais plutôt les limitant, (embrassant). Cela paraît être le problème de Mandragora. Il semblerait avoir envié l’attribut par lequel Dieu est en toute chose, sans rester pris par elles mais au contraire, les limitant, les embrassant.

Ensuite, la solution générale de l’article, nous montre que la présence de Dieu dans les choses, est dûe principalment à l’action créatrice de Dieu. De manière que Dieu est présent dans la créature comme cause de son être.

ARTICLE 1 : Dieu est-il en toutes choses?

Objections: 2. Ce qui est dans une chose est contenu par elle. Or, Dieu n’est pas contenu par les choses, c’est lui plutôt qui les contient toutes. Donc Dieu n’est pas dans les choses, ce sont les choses qui sont en lui. D’où ce mot de S.Augustin : « Toutes choses sont en lui, plutôt que lui en quelque lieu. » 4. Les démons sont des choses. Cependant Dieu n’est pas dans les démons, car il n’y a pas « union entre la lumière et les ténèbres » ( 2Co 6,14 ). Donc Dieu n’est pas en toutes choses.

En sens contraire, là ou un être opère, là il est. Or Dieu opère dans tous les êtres, selon ce que dit Isaïe (Is 26,12) : « Toutes nos œuvres, tu les accomplis pour nous ». Donc Dieu est en toutes choses.

Réponse : Dieu est en toutes choses, non comme une partie de leur essence ni comme un accident, mais comme l’agent qui est présent à ce en quoi il agit. Il est nécessaire, en effet, que tout agent soit conjoint à ce en quoi il agit immédiatement, et qu’il le touche par l’énergie qui émane de lui. Aussi dans la Physique d’Aristote est-il prouvé que le moteur et le mobile doivent être simultanément. Or, Dieu étant l’être par essence, il est nécessaire que l’être créé soit son effet propre, comme brûler est l’effet propre du feu. Et cet effet, Dieu le produit dans les choses non seulement quand les choses commencent d’être, mais aussi longtemps qu’elles sont maintenues dans l’être, comme la lumière est causée dans l’air par le soleil tant que l’air demeure lumineux. Aussi longtemps donc qu’une chose possède l’être, il est nécessaire que Dieu lui soit présent, et cela selon la manière dont elle possède l’être. Or, l’être est en chaque chose ce qu’il y a de plus intime et qui pénètre au plus profond, puisque à l’égard de tout ce qui est en elle il est actualisateur, nous l’avons montré. Aussi faut-il que Dieu soit en toutes choses, à leur intime.

Solutions: 1. Dieu est au-dessus de toutes choses, par l’excellence de sa nature ; mais il est en toutes choses comme source créatrice de leur être à toutes, ainsi que nous venons de le dire.

2. Si dans le domaine des êtres corporels, dire que l’un est dans l’autre, c’est dire qu’il y est contenu, au contraire, les choses, les êtres spirituels, eux, contiennent ce dans quoi ils sont : ainsi l’âme contient le corps. C’est pourquoi Dieu est dans les choses comme contenant les choses. Toutefois, par analogie avec le monde corporel, on dit que toutes choses sont en Dieu en tant que Dieu les contient.

3. Quelle que soit la puissance d’un agent, son action ne peut s’étendre à ce qui est distant de lui sans passer par des intermédiaires. L’extrême puissance de Dieu, précisément, fait qu’il agit sans intermédiaire en toutes choses, et ainsi rien n’est éloigné de lui comme si Dieu en était absent. On dit pourtant que les choses sont loin de Dieu en raison d’une dissimilitude de nature ou de grâce, comme lui-même est au-dessus de tout par l’excellence de sa nature.

4. Quand on parle des démons, on pense et à leur nature, œuvre de Dieu, et à la difformité du péché, qui ne vient pas de Lui. C’est pourquoi l’on ne doit pas accorder sans réserve que Dieu soit dans les démons, mais seulement selon qu’ils sont des êtres. Au contraire, parlant des choses dont le nom désigne une nature en elle-même, en dehors de toute difformité, on doit affirmer purement et simplement que Dieu y existe.


V/ HYPOTHESE N° 1 (IAEH)

Pour Adam la présence de Dieu en lui était agréable, il semblerait que pour l’homme Mandragora la sensation de chair à vif nous renvoie au refus de la présence de Dieu en lui.

Adam Mandragore refuse le fait que Dieu est dans les choses et en même temps les contient. Si cet Adam mandragora ne veut pas que Dieu soit en lui, tout ce qui représente Dieu devient douloureux, l’ébouillante, le perfore, le blesse, lui comprime le cœur, le laisse vulnérable.

Aussi essaye-t-il de quelque façon que ce soit de se défaire de ce qui représente cette présence. Il expulse, se distend, fait des efforts vains pour évacuer les selles. Il va mieux en transpirant et urinant (égotrophie).

Mais s’il reste vide, apparaît le mal être, et en acceptant de se remplir, ça se calme : “estomac vide produit une douleur de tête ”, qui se calme en mangeant.

L’illusion d’être possédé par le démon, pourrait être l’autre face du refus de la présence de Dieu dans toutes les créatures.

L’impossibilité de faire le premier pas signifiera le refus de la causalité créatrice de Dieu.

De fait, Dieu est présent comme cause de l’être des choses. Ainsi, le premier pas signifiera cette causalité omniprésente de Dieu qu’il semble refuser. La perte de la sensibilité des bras pourrait être en relation avec le refus de la double présence de Dieu à la fois interne et entourante (contenante, embrassante).

Dans la lyse, il accepte la perte et l’exagère, son bras ne lui appartient pas. Ses mains s’endorment dans l’essai d’éviter de sentir autant de douleur.

En égotrophie, il embrassera en prétendant contenir tout en étant en même temps dans la chose qu’il contient. Il désire embrasser tout le monde, essai masqué, mauvaise parodie de la présence de Dieu dans les choses.

Les analogies dans le dictionnaire espagnol

10-Palabras afines : Diccionario de Ideas Afines.  Benot

abrazar  43 : unión anexo conexión enlace parentesco amistad conjunción estrechamiento, adherencia afecto apego adhesión presa, aprehensión compaginación ligación, atadura ayuntamiento, ligadura confluencia concurrencia encuentro entrevista asociación

Contener: 54 componer limitar , incluir, recibir, caber

76 inclusión :incorporación, unión, acogida recibimiento, abrazo colocación, comprensión recepción. Cabida, agregar, aumentar, añadir, meter, juntar incorporar.

Contar con él tenerle en cuenta, incorporar, abarcar, recibir encerrar, circunscribir, colocar, entrar , juntar abarcar . no excluye lo uno a lo otro, , todo cabe, y mas que vengan, el dónde comen cuatro comen cinco, tenerle presente, , cuanta conmigo a la parte me llamo, tú el primero, sin ti no se podía hacer nada, ya me  lo esperaba, lo que me extrañaría es que no hubiera pasado, incluso tal o cual cosa, ser uno de los preferidos .

Exclusión 77,descuento expulsión, eliminación segregación, excomunión, diseminación, resta, , repulsión, separación apartamiento, disgregar distanciar tardar abandonar, rechazar repeler expulsar, sacar, llegar tarde,  hasta cuenta que no vivo en el mundo , como si no existiera(sus manos no le pertenecen), pon debajo que no he dicho nada, como si no hubiera dicho,

Cabida 56 76, componente, cantidad, parte constitutiva, parte integrante, parte principal, elemento ingrediente,. Constituyente, levadura fermento , cabida, pertenencia. Entrar en l a composición de ser un componente, ser parte de, sumergir en , estar implicado en , participar, componer un todo.

Extraño, forastero intruso, sustancia extraña, sustancia extraña
Bibliografía :

ALLEN T. F., Encyclopedia of Pure Materia Medica (a1)

CLARKE J. H., Dictionary of Practical Materia Medica (c1)

JULIAN O.A., Materia Medica of New Homeopathic Remedies (jl3)

Nora Caram; Juan Carlos Galante; Graciela Elicegui; Marcelo Gerstner

Buenos Aires 6 février 2005

Traduction ML Fayeton


B. Etude de Alain Messager (AFADH)

I/ THEMES

Alain messager a utilisé les provings récents.

Abréviations : Jul : Julian ; M :Mezger ; C 200 : proving de 1996 (traduction Ute Bauer) ; R : Raeside


Thème 1 :  du désir de lumière, d’éclaircissement

C30 : confusion et recherche de la clarté, de l’individualité.

C30 : Se fâcher amène une clarification.

C30 : volonté de débattre.

C30 : en groupe, tout ce qui n’est pas clair est mis sur la table. Besoin de clarté et de trier. Qu’est ce qui me fait du bien et qu’est ce qui ne me fait pas du bien ? Où sont les frontières personnelles ?

C30 : thème de la confusion et de la recherche de clarté, de l’individualité.

C200A : Rêve d’un fantôme sombre de pomme de terre, qui est très triste et qui revient à la lumière avec son aide.

C200B : Elle a maintenant remis sa mère sous un juste éclairage

R : douleur de l’œil gauche avec photophobie

R : pupilles dilatées et larmoiement.

R : migraines  ave  étincelles et éblouissement, et vision diminuée.

Jul : hypersensibilité à la lumière

Jul : obscurcissement du champ visuel, les objets paraissent flous

Thème 2 : de la clairvoyance

C30 : rêves prémonitoires.

C30 (Tête) : sensation d’un troisième œil.

Thème 3 : du chaos, de la confusion, de l’oubli

C30 : confond les mots ; n’arrive pas à dire ce qu’elle veut dire et entend autre chose que ce qu’on veut lui dire ; jusqu’au changement de sens.

C30 : thème de la confusion et de la recherche de clarté, de l’individualité.

C30 A : Presque pas de souvenirs des événements de la journée où elle a pris le remède et des 2 jours suivants.

C30 A : Etait plongée dans ses pensées et oubliait de manger.

C30 A : Ne pouvait enchaîner plusieurs réflexions de suite.

C30 A : Très oublieuse.

C30 C : Elle est très claire, ordonnée, stricte, coordonne tout, planifie tout, très efficace. Habituellement elle est plutôt chaotique.

C200 A : difficulté à parler et à respecter la grammaire.

Thème 4 : de la concentration

C30 : Concentration très forte

C200A : grande difficulté de concentration

C200 A : aversion pour le travail mental et toute forme d’effort.

C1000 A : a eu un accident de voiture qui est arrivé à cause d’un manque de concentration

Thème 5 : de la frontière, de la limite

C30 : en groupe, tout ce qui n’est pas clair est mis sur la table. Besoin de clarté et de trier. Qu’est ce qui me fait du bien et qu’est ce qui ne me fait pas du bien ? Où sont les frontières personnelles ?

C30 A : bouge beaucoup, sans limite.

C30 B : Peut bien se limiter.

C200 B : elle va jusqu’à la frontière entre la vie et la mort.

C1000 A : sentiment qu’elle doit poser plus de limites.

Thème 6 : de la séparation, de l’isolement

C30 :   Volonté de séparation

C30 A : sentiment de solitude en groupe.

C30 A : Sentiment de refus, fatiguée de la vie

C30 B : Se sent très vite refusée et exclue malgré son besoin de parler à d’autres.

C200 B : elle se met fortement en retrait.

C200A : fort sensation de rejet.

C200A : sensation que personne ne vous aime, de ne pas avoir d’amis.

C200 B : La plus forte crise de sa vie avec la sensation de devoir tout faire toute seule, bien qu’on lui ait proposé un soutien et qu’elle ait le désir d’être protégée. Elle se met fortement en retrait.

C200 B : envisage d’aller en psychiatrie avec entre autre le souhait de tout abandonner. Elle pensait qu’elle allait “crever”.

C200 B : peur d’être délaissée et de dépendre de quelqu’un.

C200B : totale impossibilité de communiquer.

C200B : elle avait toujours eu un sentiment d’être délaissée par sa mère.

C200 D : doute, dépression, fatiguée de la vie, se sent seule, remet tout en question.

C200E : sentiment de solitude. L’impression de délaissement de la petite enfance remonte.

C1000A : pense qu’elle est seule au monde, qu’elle ne connaît personne, elle se sent abandonnée, complètement oubliée.

C1000A : fort sentiment de rejet (de la part des autres).

C1000 B : rupture des relations avec la mère avec sentiment de soulagement.

C1000D : se sent vite attaquée, se sent exclue.

C1000D : quand elle s’exclut, elle sent son pouvoir.

C1000D : rêve 1 : personne ne l’aide, se sent seule, exclue.

C1000D : rêve 5 : sent de la distance et un voile entre elle et les autres.

Thème 7 : de la nature

C30 : besoin d’air frais, veut sortir et toucher la terre, sensation d’unité avec la nature.

C30 : rêve de nature, d’animaux, grand lien et communication avec les animaux.

C30 A : plus de contact avec les animaux.

C30 D : Elle écrase un renard avec sa voiture et elle a une grande compassion pour ce bel animal.

Thème 8 : de la relation à la mère

C200 B : Ca concernait le contact avec sa mère. Depuis des années, sa mère avait été pour elle quelqu’un de bien. Elle a maintenant remis sa mère sous un juste éclairage. Elle avait toujours eu un sentiment d’être délaissée par sa mère.

C200 E : Elle a la sensation de ne pas digérer  quelque chose. Ceci a à voir avec sa mère, une sensation de dégoût de sa mère et d’elle-même.

C1000 B : grosse colère envers la mère, avec envie de la frapper et de la boxer

C1000 B : rupture des relations avec la mère avec un sentiment de soulagement.

C1000 C : imagine de battre ses parents, ou bien de les tuer. Sentiment de dégoût à chaque contact avec sa mère et ne peut pas supporter sa proximité.

C1000 D : elle était souvent stressée, énervée, volontaire, réprimande son amie. A le sentiment d’être toujours à la charge de sa mère. Thème du contrôle. Et tant d’irritation et de colère à ce sujet. Quand elle formule des critiques, c’est sans appel. Querelleuse. D’emblée sur la défensive, vite blessée. Prend vite le stress des autres.

C1000 D : Rêve 4 : voit chez sa mère, d’abord une blessure au thorax, et beaucoup d’endroits qui suppurent. Son père lui demande si tout est en ordre.

C1000 D : … . Hurle désespérément lorsqu’elle est furieuse, se sent comme son père lorsqu’il dit ses quatre vérités à sa mère ; sa mère est blessée.

Thème 9 : des relations sociales

C30 A : attire d’autres personnes

C30 B : Se sent très vite refusée et exclue malgré son besoin de parler à d’autres.

C200 C : évite la société

Thème 10 : du contact, de la relation à soi-même, et de la relation aux autres

Céphalées aggravées par un attouchement léger, améliorées par la pression.

C30 C : Elle travaille sur ses anciennes relations (envers sa mère, et avec ses copains copines).

C30 C : Elle entre émotionnellement profondément en elle-même.

C30 C : Besoin de se coller contre quelqu’un et ne s’autorise pas à pleurer.

C30 C: Se sent étrange à tout le monde, proche uniquement de ses enfants.

C30 C :Rêve 1: de parents et anciennes relations qu’elle résout, ce qu’elle ne veut pas vraiment.

C200 C : évite la société

Thème 11 : de la sensualité

C30 : aimerait des contacts charnels, aime être touchée et le fait sentir.

C30 : rêve de comportement sans retenue, rêves érotiques, rêve de serpent et de dragon et de tomber amoureux, rêve de contacts charnels.

C200A : forte attirance érotique, en arrive à une relation triangulaire

C200E : un rêve érotique dans lequel elle se demande pourquoi elle remarque l’érotisme toujours seulement si tard.

- diminution de la libido

Thème 12 : de la fécondité et de la stérilité

- stérilité féminine

R : une femme du proving a été enceinte après 11 ans de stérilité.

Thème 13 : de la fatigue, du travail, de l’effort

C30 : Le premier jour le groupe entier est comme paralysé, tout est ralenti.

C30 : Il lui est difficile de travailler, elle se traîne.

C200 A : aversion pour le travail mental et toute forme d’effort

C200 D : au travail, se sent récompensée et ressent une joie de vivre.

C30 : très grande fatigue ou/et très éveillé.

Thème 14 : de l’image de soi

C200 D : en groupe, préoccupée par la question : “comment me trouvent les autres ?”.

Thème 15 : d’être victime

C30 : rêves : d’être pris en otage, de meurtre, d’être poursuivi et séquestré, de dénonciation

C30 B : – Rêve 1: rêve positif concernant les parents. Rêve 2 : de trahison.

C30 B : préoccupation par rapport à la violence sexuelle dans l’enfance, et par rapport au comportement de sa mère. C’est très fort et très profond.

C30 C : Sensations: d’autres personnes la dépouillent, lui prennent tout, dépassent leurs limites. Ca la blesse.

C30 C : Préoccupations par les abus sexuels.

C200 A : – thème de la sexualité et de l’abus qui la préoccupe continuellement

C200 A : – s’est fait souvent voler

C200 B : Sa mère nie toujours l’abus sexuel qu’elle avait subi par son père. Elle lui dit au contraire “tu es une menteuse”. A partir de là, elle se sent seule et croit qu’elle se trompe.

C200 B : comportement auto-agressif et pensées suicidaires. Elle va jusqu’à la frontière entre la vie et la mort.

C200 D :  rêve 2 : elle a été volée par une personne de confiance et devient très aigrie. Pleure et crie. “On s’est encore foutu de moi “. Une autre femme du proving répond : “nous nous faisons toutes parfois avoir”.

C1000 A : on lui a volé de l’argent, soit 200 marks.

Thème 16 : de laisser sortir et de  retenir

C30 : se retrouve à travers la colère. Par la colère, elle trouvait de l’énergie et du feu de vie. Se fâcher amène une clarification.

C30 : tendance à dépenser de l’argent avec moins d’état d’âme.

C30 (Nez) : Nez très bouché, amélioré en dansant, en exprimant sa colère, en clarifiant.

C30 (mod.) : aggravé en se renfermant, en gardant la colère.

C30 B : A perdu son argent, dépense plus que d’habitude, et elle va vraiment bien ainsi.

C30 C : Après agacement qu’elle n’a pas extériorisé, et par surmenage, elle s’est fortement enrhumée (sinusite)

C30 D : Déprimée avant les règles, a des doutes sur elle-même et se sent lasse de vivre, se sent seule et vulnérable, remet tout en question, > par les règles.

C30 : Modalités: > avec les règles

C200 A : tous les symptômes sont aggravés avant les règles et améliorés avec les règles

Amélioré en urinant

C200 D : au travail, se sent récompensée et ressent une joie de vivre. Envie de dépenser de l’argent

C200 D : aggravée avant les règles, améliorée pendant.

C1000 A : assez fort refoulement

C30 (Nez) : nez très bouché, amélioré en exprimant sa colère

Thème 17 : de la colère de la violence

C30 : au début, assez forte colère et agressivité

C30 : se retrouve à travers la colère, par la colère elle trouvait de l’énergie et du feu de vie

C30 : impulsions à détruire, à frapper, à crier. Désir de jeter des objets et d’agresser les personnes.

C30 (Nez) : nez très bouché, amélioré en exprimant sa colère

C200B : alternance de grande dévalorisation et de grande colère

C200C : fortes disputes avec ses parents et son copain

C1000B : grosse colère envers la mère avec envie de la frapper, de la boxer.

C1000B : comportement autodestructeur.

C1000C : imagine de battre ses parents, ou bien de les tuer.

Thème 18 : du suicide, de la mort

C30 B : Sentiment de pouvoir devenir folle et ne pas survivre.

C30 D : Déprimée avant les règles, a des doutes sur elle-même et se sent lasse de vivre, se sent seule et vulnérable, remet tout en question, > par les règles.

C200 A : va jusqu’à la frontière entre la vie et la mort

C200 A : imaginations de suicide

C200 A : forte dépression avec pensées de suicide avant les règles

C200 B : elle pensait qu’elle allait crever

C200 B : comportement auto-agressif et pensés suicidaires. Elle va jusqu’à la frontière entre la vie et la mort

C1000 A : manque de joie de vivre, dépression avec souhaits de mort

Thème 19 : d’être dans un autre monde

C30 A : Rêve 2. Ensorcelle un homme qui la menace et le transforme en lapin.

C30 B : Dans des groupes se sent comme si elle séjournait dans une autre réalité, ce qui empêche le contact.

C30 B : Sensation de présence d’esprits qui sont mal intentionnés envers elle.

C30 B : Illusion après la prise du remède : croit que sa tête est détachée et portée au ciel par 2 anges.

C30 B : Elle est médium pour d’autres, et développe leurs symptômes corporels.

C200 A : cherche de la compagnie dans le “milieu”

C200 A : rêve 1 : d’un fantôme sombre de pomme de terre, qui est très triste et qui revient à la lumière avec son aide.

C200 A : rêve 2 : de maison pleine de gens, de fantômes et d’enfants désorientés qui cherchent un chez soi sécurisant.

C200 B : dans les moments de plus grande solitude, elle a la sensation de la présence d’une amie décédée qui la console.

Thème 20 :  de la chaleur, du feu, de la brûlure

Jul (nerv.) : Sensation de brûlures localisées à certains endroits du corps

Jul (dig.) : Langue sèche, irritée, comme à vif, comme brûlée par de l’eau chaude

Jul (dig.) : Inflammation aiguë des racines dentaires

Jul (dig.) : Aphtes sur la langue et face interne des joues

Jul (dig;) : Désir de mets relevés, piquants

Jul (dig.) : Brûlure anale après la selle

Jul  (therm.) : Poussée fébrile et douleur de la vésicule biliaire

Jul  (therm.) : Souvent sensation de fièvre avec tête chaude, frissonnement du dos et état  subfébrile  persistant.

Jul  (sens.) : Yeux rouges, enflammés, fatigués, lourds

Jul (sens.)  : Névralgie oculaire avec flammèches, éblouissement, vision trouble

C30 : (fièvre) : sensation de fièvre le soir.

C30 :   Endroits de la main droite qui démangent,  rouge, chaud, brûlant, se résorbant mal.

C200 : bouffées de chaleur

C1000 : Au dessus de 38°C pendant plusieurs semaines. Accès de fièvre à 39-40°C.

C1000 : très forte sensation de chaleur la nuit.

Thème 21 : de la sécheresse

- langue, bouche, palais secs et douloureux

Langue sèche, irritée, comme à vif, comme brûlée par de l’eau chaude

C30 (resp) : toux sèche

C200 : Cou : petite éruption sèche en forme de rond

Thème 22 : de l’alternance entre les extrêmes

Jul (Psy) : Etat psychique alternant : bonne humeur, généreux, embrasserait le monde entier; puis déprimé, humeur chagrine et mécontent

Jul (Psy) : L’euphorie alterne facilement avec la dépression et vice versa

C200 B : sensation de se perdre soi-même, oscille entre les extrêmes

C1000B : des sentiments extrêmes se rapprochent peu à peu.

Thème 23 : du rire

C30 : les disputes se terminent par le rire

C30 : des crises de fou rire ne pouvant se terminer, rires en regardant vers le haut

Thème 24 : du mouvement vers le haut

C30 : Sensation de légèreté

C30 : Des crises de fou rire ne pouvant se terminer, rire en regardant vers le haut

C30 D : Rêve 1: grimpe sur un arbre, ça devrait amener du bonheur.

C30 F : Manque de joie de vivre, il lui manque de la légèreté.

Thème 25 : des symptômes de droite à gauche

C30 (Yeux) : conjonctivite, d’abord à droite, puis à gauche

C30 ( Extr) : d’abord douleur de la hanche droite, ensuite à gauche

C1000A : sensation d’être d’abord tombée dans le chaos puis d’avoir trouvé de l’appui dans le chaos. De droite à gauche dans le chaos. Les symptômes corporels étaient d’abord à droite puis à gauche.

C1000 : nez : écoulement nasal par crises, d’abord par la narine droite, puis la gauche.

Thème 26 : de l’hypersensibilité

Jul : Troubles de la sensibilité : hyper ou hypo esthésie

Jul : hypersensibilité au bruit

Jul : Hypersensibilité à la lumière

C1000 : très sensible au bruit.

Thème 27 : de l’insensibilité

Jul : Troubles de la sensibilité : hyper ou hypo esthésie

Jul : Insensibilité et étrangeté au niveau des membres supérieurs et inférieurs, des  muqueuses

Jul : On a l’impression que la sensibilité profonde est également perturbée

Jul : Pâleur subite du visage et sensation de doigts morts

Jul (Dig) : Insensibilité de la gorge comme anesthésiée

Jul (m. inf.) : douleur névralgique du membre inférieur accompagnée d’insensibilité

Thème 28 : du visage

C1000 : douleurs épouvantables de la face, sensation d’oppression et de tension.

Thème 29 : des bras

Désir embrasser le monde

bcp de douleurs dans les bras

Thème 30 : des mains

Jul : Impression que ses propres mains lui sont étrangères

Jul : des objets qu’on tient à la main ne sont pas identifiés

Jul (Peau) : Exanthème urticarien face dorsale de la main gauche

Thème 31 : de la constriction du cœur

serrement du cœur, comme si la poitrine était serrée dans un étau,

douleur d’angor.

Thème 32 : de la dépendance,  des excitants et de l’excitation

Jul (Dig) : Aggravé par le café

Jul (Dig) : Répulsion et intolérance des boissons alcoolisées

Jul  :  céphalées forantes, piquantes, aggravées par le tabac et l’alcool

C30 : Veut terminer les choses dans l’excitation

C30 (Tête) : Sensation engourdie, améliorée par le café

C30 A : fume énormément de cigarettes

C30 D : Développe un désir de fumer.

C30 F : Dépendance de la nourriture.

Elargissement des thèmes de Mandragora

Les cas donnés dans cette étude ont été traités sur la connaissance du cas exposé dans la revue Links et sans  connaître les provings récents de Mandragore. Avec l’étude historique et symbolique de la plante, des thèmes importants se dégagent et éclairent la compréhension des symptômes des provings. Nous avons choisi d’exposer ces thèmes de manière indépendante afin de respecter la méthodologie Masiste.

Le point le plus frappant qui m’a amené à prescrire Mandragora est le thème du diable, des sorcières.

L’étude historique montre bien ce rapport et Hildegarde von Bingen est claire à ce sujet : elle maudissait cette plante comme l’œuvre du diable. “Dans la mandragore, l’influence du diable est plus présente que dans d’autres plantes. C’est pourquoi elle stimule les humains dans le sens de leurs désirs pour le bien et le mal”.

La description de la plante par W. Pélikan montre le rapport de la mandragore avec ce qui est sous terre : “Toutes les substances que forment ces feuilles sont mises au service de la racine ; la force de croissance est aspirée vers le bas et elle y est maintenue”.

Il est surprenant que les provings ne font pas apparaître les hallucinations communes aux solanacées, qui étaient déjà connues du temps d’Hippocrate : “En dehors de ces effets physiques, il faut considérer les effets psychiques qui les accom­pagnent : visions, hallucinations, délires et démence”.

Les dessins des patients sont expressifs et Solène l’a également dit à sa mère : “Je suis le diable” pour justifier son comportement insupportable.

Un autre point commun aux patients traités, rejoint le thème de l’image de soi : Wilfried par le tatouage. Il le justifie comme une manière de valoriser son corps, d’avoir du plaisir à le regarder, les autres patients aiment beaucoup se déguiser en personnages qui ont le pouvoir, que ce soit par la magie (sorcière), la force (cas d’un enfant qui admire les héros musclés et violents) voire en roi comme Solène qui s’habille immédiatement en roi et s’admire dans la glace, le jour de la galette des rois. Elle veut également maquiller les autres.

Il faut aussi prendre en compte le thème de l’ennui très caractéristique de Solène, elle s’ennuie souvent, ne sait pas s’occuper seule, colle toujours à sa mère. Wilfried s’est beaucoup ennuyé étant enfant, malgré tous les jeux qu’il avait, il lui manquait la tendresse de sa mère.


Thèmes vus dans les provings

Thème 1 : du désir de lumière, d’éclaircissement : ce thème de la lumière appartient à la plante. Pélikan :

“La plante ne laisse agir sur elle que les premiers soleils printaniers … ” toute son énergie passe sous terre quand le soleil devient plus fort.  “L’extrait de racine fournit une essence d’un jaune brun qui, sous une lumière incidente, présente une fluorescence violet pâle”. Ceci est confirmé par la tradition  dans un texte de Flavuis Josephus dans “La guerre des Juifs”.

Thème 2 : de la clairvoyance : W. tire les cartes et fait de la voyance par téléphone.

Thème 8 : de la relation à la mère : ce thème est confirmé dans chaque cas traité W. avait une mère violente et a tenté de la tuer. S. cherche à se substituer à sa mère par rapport à ses cadets, et elle la manipule à toute occasion.

Thème 7 : de la nature : dans deux cas traités, il est remarquable que la nature n’apparaisse pas du tout dans les dessins. Solène n’aime pas vraiment le cheval : elle veut le dominer. Par contre, Emilie est très sensible à la nature et veut sauver les éléphants.

Thème 6 : de la séparation, de l’isolement

Il rejoint le thème de l’ennui.

Thème 14 :  de l’image de soi : voir ci-dessus

Thème 21 : de la sécheresse : pour les cas la traités, la sécheresse se manifeste au niveau émotionnel. Ces patients paraissent froids, renfermés et c’est ce point qui est modifié avec le remède : W. est ému aux larmes lorsqu’on lui dit quelque chose de gentil ; Solène est capable d’échanger des câlins avec sa mère.

Thème d’être victime : point important pour les patients traités : Wilfried est réellement une victime en tant qu’enfant battu ; Solène se pose en victime de tout ce qui lui arrive.

Thème 17 : de la colère, de la violence : les dessins et les paroles des cas sont explicites.

Thème 4 : de la concentration : à rapprocher de la dyslexie de Solène, ce qui confirme le symptôme :

C200 E : elle permute des mots et des lettres et dit des autres mots que ceux qu’elle voulait.

Thème 18 : du suicide, de la mort : apparaît très clairement dans tous les cas. Dessins de têtes de mort. Cadeau d’un crâne par W.

Thème 10 :  du contact : les cas montrent le lien de ce thème avec la sécheresse émotionnelle et la relation à la mère.

Thème 11 : de la sensualité : plante aphrodisiaque : Cantique des cantiques ; de nombreux textes font allusion à cette vertu de la plante.  W. admire les belles femmes ; voir ses dessins. Solène se masturbe depuis le plus jeune âge.

Thème 27 : de l’insensibilité : ce thème est  capital dans ce remède, vu que la plante a longtemps servi d’anesthésique pour opérer : il existe une grande bibliographie à ce sujet. On retrouve l’insensibilité au niveau émotionnel chez les patients : par vengeance, W. pourrait laisser mourir quelqu’un à ses pieds. Grande froideur émotionnelle de Solène. Ce thème rejoint ceux de la sécheresse et de la relation à la mère.

Thème 22 :  de l’alternance entre les extrêmes

Chez W. les extrêmes apparaissent surtout au niveau du contraste entre ange et démon ; entre les représentations de la mort et de personnages enfantins. Intérêt pour les dessins animés après remède.

Thème 30 : des mains

Dans une représentation symbolique de la mandragore, on voit deux mains coupées au bout d’une tige, à la partie supérieure de la plante.

Thème 28 : du visage

Le visage des patients est relativement inexpressif. Par contre W. préfère dessiner la tête d’un diable qui a beaucoup d’expression par rapport à un ange qui ne fait que sourire.

Thème 12 : de la fécondité et de la stérilité

Renvoie à la bible, Genèse XXX-14 . Serait en rapport avec le thème du travail ? Naissance de Issakar = “salaire, fruit du travail”. La plante est longue à donner des fruits : W. Pélikan : ” Il s’écoule ainsi plusieurs années, et la racine de mandragore ne cesse de grandir, jusqu’à ce que sur­vienne enfin la floraison”.

Thème 32 : de la dépendance, des excitants et de l’excitation

Cela rejoins le thème de l’ennui. W. a pris beaucoup de drogues de toutes sortes et qui n’apportaient plus d’apaisement à la fin.


II/ DYNAMIQUE MIASMATIQUE

1. La souffrance

Psychiquement

Touché dans son sommeil : sommeil agité, cauchemars

Il se sent rejeté, exclu.

Jul : Il est déprimé, d’humeur chagrine, et mécontent.

Très nerveux et irrité, hypersensible au bruit.

Physiquement

Beaucoup de douleurs du système locomoteur : bras et jambes

Faiblesse, vide d’énergie.

Du coté droit

De stérilité

D’hypersensibilité

Au niveau des yeux : beaucoup de douleurs

Réactions à la souffrance

Il devient insensible. Il rentre sa colère. Il s’isole. Il mange beaucoup.

Il trouve son pouvoir dans le chaos.

Il prend des excitants. Il recherche la sexualité.

C30 : par la colère elle trouvait de l’énergie.

C200A : il cherche la compagnie dans le milieu


NOYAUX PSORIQUES

Sensation de perte

De la lumière : pupilles dilatées, photophobie.

Des émotions.

La joie de vivre :

C1000 A : manque de joie de vivre, dépression avec souhaits de mort.

C1000 B : veut faire la fête et avoir du plaisir, sans limite, mais cela ne vient pas de la joie de vivre mais du désespoir.

Le repos : sommeil très perturbé, non réparateur.

C200 E : a besoin de plus de repos, mais ne se l’accorde pas

Insomnie entre 3 et 5 heures

La concentration

La force physique

Le pouvoir : C1000 D : quand elle s’exclut, elle sent son pouvoir.


Nostalgie

Du pouvoir : elle le retrouve en se mettant en retrait.

De l’union : il se sent séparé, rejeté, il désire des contacts charnels.

De la lumière : besoin de clarté, d’éclaircissements.


Sensation de culpabilité

Peur du châtiment

Peur ou sensation d’être rejeté, exclu, pris en otage, trahi, séquestré, dénoncé, dépouillé.

Sentiment de pouvoir devenir folle et ne pas survivre.

La mort


Justification

Ne veut pas perdre le contrôle

C200 A : Se fait souvent avoir.


2. Réactions à la souffrance

Egolyse

Pensées suicidaires. Insensible. Se dévalorise. Se met en retrait.

C200 B : comportement auto-agressif et pensés suicidaires. Elle va jusqu’à la frontière entre la vie et la mort

Alterlyse

Veut frapper, tuer, boxer sa mère.

Egotrophie

Grand appétit. S’admire dans un miroir, goût pour le déguisement.

Ne craint pas la mort. Clairvoyant.

Bonne humeur, généreux, embrasserait le monde entier. Attire d’autres personnes.


III/ HYPOTHESE N°2, Alain Messager

Le rapprochement entre les provings, les cas cliniques et l’étude historique de la plante fait ressortir des thèmes majeurs :

Le diable, l’érotisme, le refus de se soumettre, la mort, la force,  la séparation.

Dominer l’autre, dominer ses émotions.

Donner la vie (stérilité, fécondité), donner la mort, les extrêmes.

Nous allons nous appuyer sur les cas cités pour trouver une cohérence entre les différentes thématiques de Mandragora. Il semblerait que la chute de Mandragora vienne d’une perte de l’amour (l’amour de sa mère au premier niveau, l’amour divin au niveau métaphysique) et du refus de se soumettre à l’autorité, à Dieu.


SOMME THEOLOGIQUE

On retrouve le lien entre la perte de la charité et le refus de se soumettre dans la Somme théologique II-II Q.22 a.2 :

Les préceptes concernant la crainte

….  Quant à la crainte filiale, qui témoigne révérence à Dieu, elle est comme un genre relativement à l’amour de Dieu, et un principe de toutes les observances accomplies par révérence envers Dieu. Et c’est pourquoi, pour la crainte filiale, la loi a donné des préceptes, comme aussi pour la charité, parce que l’une et l’autre sont un préambule aux actes extérieurs prescrits par la loi, et que visent les préceptes du décalogue. Et c’est pourquoi l’autorité scripturaire invoquée ici réclame de l’homme la crainte : et pour qu’il marche dans la voie de Dieu en lui rendant un culte et pour qu’il l’aime.

Solutions :

1) La crainte filiale est un préambule à la loi, non pas comme quelque chose d’externe, mais comme le principe de la loi, de même aussi que la dilection. C’est pourquoi furent donnés, au sujet de l’une et de l’autre, des préceptes qui sont d’une certaine façon comme des principes communs de toute loi.

2) De l’amour découle la crainte filiale, comme aussi toutes les autres bonnes actions faites par la charité. Et c’est pourquoi, de même qu’après le précepte de la charité, sont donnés les préceptes relatifs aux autres vertus, de même aussi sont donnés en même temps les commandements concernant la crainte et l’amour de la charité. …..

Le refus de la soumission, la perte de la crainte de Dieu, est la porte d’entrée des autres vices que l’on trouve dans Mandragora (violence, colère, sensualité, boulimie, …) :

Somme théologique II-II Q. 164 ; a. 1

La mort qui est le châtiment commun

Réponse : … Comme nous l’avons dit dans la première partie, l’homme dans son état primitif avait reçu de Dieu ce don : aussi longtemps que son esprit resterait soumis à Dieu, les puissances inférieures de son âme seraient soumises à son esprit raisonnable, et son corps soumis à son âme. Mais comme, par le péché, l’esprit de l’homme s’éloigna de la soumission à Dieu, il s’ensuivit que les forces inférieures ne furent plus soumises totalement à la raison, et il en résulta une rébellion de l’appétit charnel contre la raison …

Saint Thomas d’Aquin nous indique également l’ordre d’entrée du mal:

Somme théologique II-II Q. 165 ; a. 2

La tentation de nos premiers parents : le mode et l’ordre de cette tentation

Réponse : L’homme est composé d’une double nature, intelligente et sensible. C’est pourquoi le diable, dans la tentation de l’homme se servit d’un double excitant au péché. D’abord en ce qui concerne l’intelligence, il promit une ressemblance de la divinité grâce à l’acquisition de la science, que l’homme désire naturellement. Ensuite en ce qui concerne les sens : il se servit de ces choses sensibles qui ont avec l’homme la plus grande affinité ; en partie dans la même espèce, tentant l’homme par la femme ; ….

Solutions : ….. Il est dit aussi au serpent “Tu marcheras sur la poitrine et sur le ventre” selon une autre version. “Par le mot poitrine est signifié l’orgueil, car c’est là que domine l’impétuosité de l’âme ; et par le mot ventre est désigné le désir charnel, car cette partie du corps est reconnue comme la plus voluptueuse. C’est par là qu’il rampe vers ceux qu’il veut tromper”.

Après la tentation de la chair de la Genèse, on trouve la tentation de dominer le monde :

Tentation de Jésus dans le désert : Matthieu IV : (8) “le diable l’emmena encore sur une très haute montagne, lui fit voir tous les royaumes du monde et leur grandeur et lui dit ” Je te donnerai tout cela si tu te mets à genou devant moi pour m’adorer”. Alors Jésus lui dit “Va-t-en Satan ! Car l’écriture déclare “Adore ton Seigneur ton Dieu et ne sert que lui seul “ “.

La tentation fait partie du cheminement de l’homme vers Dieu, elle est de plus en plus subtile à la mesure des progrès de l’homme en recherche et sert à le fortifier.

De nombreux remèdes homéopathiques présentent un attrait pour la sexualité, le pouvoir  …qu’est ce qui caractérise Mandragora ?

Dans les cas cités, les patients ont une intuition de la vie et de la mort qui explique leur impression de dominer le monde. (Wilfried a offert un vrai crâne à un ami pour son anniversaire !  Emilie voulait se promener dans le cimetière). Ce goût morbide fait penser aux peintures du Caravage où figure souvent une tête de mort rappelant le côté éphémère de la vie.

Le serpent de la Genèse (III-1) avait déjà promis l’immortalité : “Non, vous ne mourrez point, mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux seront dessillés, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal”.

On voit ici une correspondance entre la perte de la crainte de Dieu, la volonté de dominer, et la vue.

La vue et la lumière sont des thèmes importants de Mandragora : les provers veulent éclaircir les situations, mettre l’autre en lumière. Il y a de la photophobie, mydriase … et de nombreux autres symptômes concernant les yeux.

Cas : Solène a les yeux qui clignent et sont très peu ouverts lors du premier rendez-vous.

Elle a perdu la clarté de l’esprit : difficultés en mathématiques, dyslexie

Wilfried fait de la voyance ; son travail consiste à éclaircir les situations troubles, la nuit.

Saint Thomas (II-II 15 1, 2, 3)  nous apporte une réponse intéressante :

L’aveuglement de l’esprit et l’hébétude du sens

(3) En sens contraire : St Grégoire affirme que  “l’hébétude du sens de l’intelligence vient de la gourmandise, la cécité de l’esprit vient de la luxure”.

a.3 : Réponse : …. Or, les vices charnels, c’est à dire la gourmandise et la luxure, consistent dans les plaisirs du toucher, c’est à dire de la nourriture et des actes sexuels. Ce sont les délectations les plus violentes entre toutes celle du corps. C’est pourquoi par de tels vices, l’intention de l’homme s’applique au maximum aux réalités physiques, et par conséquent son activité dans le domaine intelligible s’affaiblit. … C’est pourquoi la luxure engendre l’aveuglement de l’esprit qui exclut pour ainsi dire totalement la connaissance des biens spirituels.

Nous avons donc vu que le désir charnel et le désir de dominer sont des portes d’entrée du diable. L’homme est alors attiré vers le bas, du côté de la matière, du corps et perd la clarté de l’esprit, le contact avec Dieu.

Cette chute  laisse émerger d’autres passions humaines : l’avidité, l’égoïsme, la haine, la cruauté, la colère, la luxure, l’orgueil, …

A mesure qu’il descend, sa nostalgie d’un état de joie, d’amour où il veut embrasser le monde entier, augmente, ce qui explique le thème des extrêmes. Dans les cas cités, Solène veut se substituer à sa mère par rapport à ses cadets et à d’autres moments  régresse vers l’état de bébé ; après la première prise du remède, Wilfried regarde des dessins animés.

Les thèmes de la sécheresse et  de la perte de sensibilité sont en rapport avec la perte des émotions par une volonté de contrôle (Proving C1000 D).

Voir St Thomas :

I Q81 a.3 : Réponse : Irascible et concupiscible obéissent à la partie supérieure de l’âme qui comprend raison et volonté …

=> par sa volonté, Mandragora veut contrôler ses émotions et devient sec et insensible. En même temps il perd la charité, d’où les nombreux symptômes de sentiment de séparation.

Après le remède, Wilfried me dit qu’il ressent Dieu partout et me cite la phrase : “Soulève une pierre, il est là “.

Il est donc clair que Mandragora a perdu la lumière, la clarté de l’esprit et la relation à Dieu. Que cherchait-il et quelle est son erreur ?

Le rôle de Satan est de nous séduire à travers nos désirs. Il est intéressant qu’il s’appelle également  Lucifer : quelle lumière propose t-il ?

Une réponse est donnée dans le Zohar : (P 100) : en résumé :” Quand Elohim créa la lumière, il parlait de la colonne centrale qui unifie les deux polarités droite et gauche. De la lumière parfaite, (la colonne centrale) se déploie le fondement du vivant des mondes qui est le “jour” du côté droit, et fait jaillir du côté gauche  une féminité, la lune qui éclaire la nuit… La nuit, souveraine de toute la terre, elle provient du côté gauche, de cette obscurité. Le désir de l’obscurité est de s’intégrer à la lumière …

Dans l’œuvre du commencement même réside la contradiction de la gauche et de la droite. Et dans cette contradiction où s’est éveillée la gauche, a surgi la Géhenne qui s’y est jointe. Puis la colonne centrale pénétra entre la droite et la gauche et écarta la contradiction, accordant les deux côtés. Aussi la gauche s’intégra à la droite et la paix régna partout.”.

Ce qui signifie que le côté gauche, obscur, doit s’intégrer à la lumière du côté droit.

On retrouve ce thème dans Marc 9-28 : Jésus guérit un enfant  ayant le mauvais esprit : après la guérison, ses disciples lui demandèrent : “Pourquoi n’avons nous pas pu faire sortir cet esprit ? Et Jésus leur répondit “C’est par la prière seulement qu’on peut faire sortir ce genre d’esprit”.

Une autre image est donnée par le Zohar : il existe deux sortes de lumière : l’une qui fait une ombre quand elle rencontre un objet et une autre plus subtile qui pénètre tout.

Mandragora aurait donc désiré intégrer la lumière de la gauche sans s’appuyer sur la lumière divine. Il s’est laisser piéger par le démon et en subit les souffrances :

Somme théologique I-I Q. 64 ; a. 3

La souffrance des démons

Réponse : La crainte, la douleur, la joie et autres choses semblables, si on les considère comme des passions, ne peuvent exister chez les démons ; elles relèvent proprement de l’appétit sensible, et celui-ci est une puissance qui suppose un organe corporel.

L’erreur de Mandragora est très bien formulée dans ce texte : le livre ” :

P 483 : “On ne peut saisir profondément, c’est à dire intuitivement, que ce que l’on aime. L’amour est l’élément vital de la connaissance profonde, de la connaissance intuitive. Or, on ne peut pas aimer le mal. Le mal est donc inconnaissable dans son essence. On ne peut le comprendre qu’à distance.” (Méditations sur le tarot P483)

En passant du côté gauche, Mandragora est tombé dans le chaos, la confusion, et n’arrive plus à ordonner ses pensées.

Mandragora aurait envié la lumière qui pénètre et unifie tout (lumière de Gloire du Christ ?) pour connaître tous les secrets et tous les aspects de la vie sans interdits, mais il s’est séparé de son créateur et est tombé dans les mains du diable : il se retrouve dans l’obscurité.

Par rapport à l’allusion à la mandragore dans le Cantique des Cantiques, voici un commentaire trouvé dans le Zohar (P 233) :

“Quand les deux souffles se déversent l’un dans l’autre avec amour, le Palais se métamorphose pour se nommer  “Palais de l’Amour”, “Palais de la Tendresse”. Par la suite, lorsque s’illuminent ces deux souffles qui font un, en surgissent d’innombrables anges dont certains sont appelés Dodaïm (mandragore). Ils sont tous étreints d’amour et ne se séparent jamais. Il est dit de ce Palais “quand un homme offrirait tous les biens de sa maison contre l’amour, il ne s’attirerait que le mépris” (Cant. 8:7).Ici, l’on se prosterne les mains tendues, afin de s’attacher à son maître par l’amour. ”

Quels patients peuvent correspondre à Mandragora ?

A un premier niveau, on peut penser à des personnes qui ont une forte charge émotionnelle refoulée et créent peu à peu un complexe psychopathologique autonome qui peut être perçu comme un démon.

A un niveau plus subtil, penser à tous ceux qui sont fascinés par l’occultisme.

Un autre domaine associé au côté gauche serait tout ce qui concerne l’inconscient, l’aspect caché ou refoulé de la personnalité, dont l’exploration peut présenter des risques si l’on n’y apporte pas la lumière d’un esprit éclairé par le divin.


Symbolisme de Mandragora

Dans la Bible

La mandragore apparaît dans deux textes de l’ancien testament. Le mot hébreu est Doudaim, traduit selon les sources par mandragore, ou pommes d’amour.

Genèse XXX-14.

Or, Ruben étant allé aux champs à l’époque de la récolte du froment, y trouva des mandragores et les apporta à Léa sa mère. Rachel dit à Léa “donne moi, je te prie, des mandragores de ton fils”. Elle lui répondit “N’est ce pas assez que tu te sois emparée de mon époux, sans prendre encore les mandragores de mon fils ?”‘ Rachel reprit : “Eh bien ! Il reposera cette nuit avec toi, en échange des mandragores de ton fils “. Jacob revenant des champs, le soir, Léa sortit à sa rencontre et dit : “C’est à mes côtés que tu viendras, car je t’ai retenu pour les mandragores de mon fils”. Et il reposa près d’elle cette nuit là. Le Seigneur exauça Léa : elle conçut et enfanta à Jacob un cinquième fils  …

….(22)  Le Seigneur se souvint de Rachel : il l’exauça et donna la fécondité à son sein. Elle conçut et enfanta un fils et elle dit “Dieu a effacé ma honte”.

Cantique des Cantique VII-13 :

(13) De bon matin, nous irons dans les vignes, …. Là, je te prodiguerai mes caresses. (14) Les mandragores répandent leur parfum, à nos portent se montrent les plus beaux fruits, nouveaux et anciens, que j’ai réservé pour toi, mon bien aimé !

Recherches historiques

Mandragora : la plante secrète  : Introduction au proving de 1996

Etymologie :

Mandra en grec : barrière (pour parquer des animaux), quelque chose qui empêche.

agora :  assemblée  : la racine a été souvent trouvée assemblée devant les étables des animaux.

Alraune (en allemand pur), Alrun (allemand ancien) , runa : secret

Alp : gnome , lutin ; runen : parler à voix basse  raunen : chuchoter

mandrom gijahr en perse : plante homme et plante de l’amour

Elle a aussi été appelée racine magique, petit homme de la potence, gnome.

La mandragore est un médicament majeur de l’ancienne culture européenne. Qu’en savons nous encore aujourd’hui ? Qu’elle position a-t-elle dans la médecine contemporaine et en homéopathie classique ? Quel est l’esprit, l’indication, de ce remède homéopathique ?  Quel est l’état intérieur d’une femme justifiant la prescription de mandragore ?

Pourquoi justement la signification de ce médicament des plus ancien  et des plus important, a été oubliée ?  D’autres solanacées comme la belladone, hyosciamus ou stramonium sont aujourd’hui des remèdes bien éprouvés.

……

L’histoire de la mandragore

La mandragore est un remède des plus anciens et des plus réputés qui ait jamais existé en médecine.

En Egypte : elle est décrite comme “dja-dja” dans les papyrus (papyrus Eber : un des plus fameux des livres de plantes avec plus de 700 plantes médicinales).

Elle a été aussi retrouvée comme offrande dans des chambres funéraires. Sur un relief de l’époque de Akhenaton (?), on peut voir une mandragore stylisée qui est interprétée comme un symbole érotique.

Pythagore (Grec 582 avant JC) : l’appelle la “semblable à l’homme” parce que la forme de sa racine est semblable à une silhouette humaine et ceci justifiait son utilisation comme remède magique dans tous les peuples.

Circé : (voir plus loin)  …

Aphrodite : la déesse de l’amour avait aussi pour nom “Mandragortis”

Hécate : on dit que la déesse des mondes souterrains et de la magie l’a utilisée. On suppose également que c’est elle la première qui a utilisé l’aconit.

Théophraste (Grec 328 avant JC) : l’utilisait comme somnifère et comme aphrodisiaque. Voici comment on se procure la mandragore : “tirer trois cercles autour de la plante, la face tournée vers l’ouest, puis on coupe la partie supérieure de la racine. On dégage de plus en plus les parties de la racine. Avant la dernière partie, danser autour de la plante et réciter les “mystères de l’amour”.

Flavius Joseph, allusion au chien noir.

Le chien noir était un symbole babylonien pour la protection contre les maladies (Peters 1918). Pendant un temps, la signification du mot grec “drakon” était “chien noir” et plus tard : “pouvoir”, “serpent” et “pièce” (de monnaie). Aujourd’hui il signifie dragon. Comme si le chien noir symbolisait la frontière entre la vie et la mort, ce que vivent les femmes à l’accouchement. Quand on l’arrache, la racine de la mandragore doit crier comme un enfant au moment de la naissance.

Dioscoride (1 siècle après JC) utilisait la mandragore comme somnifère, anti-douleur et anesthésique pour les opérations chirurgicales, de même que l’éther ou le chloroforme aujourd’hui. Il l’utilisait également pour les règles, l’avortement et la naissance.

Celcus (Rom l’utilisait comme somnifère, conte les douleurs de dent et le pus des yeux.

Hildegarde von Bingen (12ème siècle) : la maudissait comme l’œuvre du diable. “Dans la mandragore, l’influence du diable est plus présente que dans d’autres plantes. C’est pourquoi elle stimule les humains dans le sens de leurs désirs pour le bien et le mal”.

Paracelse (1493 – 1551) : l’utilisait comme tranquillisant, pour les lithiases rénales. Il se moquait dans son “livre des illusions” des crédules qui achètent la mandragore pour sa ressemblance avec la forme humaine.

Mandragora officinarum  (e radice)

Texte extrait du livre de O. A.  Julian : Dictionnaire de la matière médicale

Mandragora officinarum, famille des Solanées, est une plante méditerranéenne découverte par le botaniste Bullaire. Elle contient quelques alcaloïdes comme la hyoscine, la hyoscyamine et la mandragorine qui la rendent dangereuse.

Connue des Anciens, Dioscoride vantait ses vertus aphrodisiaques et son usage dans la stérilité féminine.

Pythagore indique la mandragore, du fait de sa racine rappelant les organes génitaux, comme une plante miraculeuse.

La mandragore est évoquée même dans la Bible, car Rachel donna une décoction de mandragore à son époux Jacob qui avait montré trop de galanterie à sa voisine.

W. Pelikan, dans son livre L’Homme et les plantes médicinales, nous apporte des rensei­gnements botaniques et pharmacologiques dont voici quelques extraits:

» La mandragore est une Solanée typique mais, en même temps, tout à fait particulière. Sa racine vigoureuse s’enfonce jusqu’à 60 cm, verticalement, dans le sol. Cette racine a la forme d’une betterave; elle est grosse, relativement molle, et elle se divise souvent à sa partie inférieure en deux ou trois branches qui continuent à forer le sol avec vigueur, ce qui donne à la racine, quand on l’arrache, une vague ressemblance avec un corps humain, tête, tronc et jambes.

»Au printemps, naît de cette racine une touffe de longues feuilles entières, légèrement crénelées ; il ne se forme pas de tige, ni de pousse feuillée montante.

»Toutes les substances que forment ces feuilles sont mises au service de la racine ; la force de croissance est aspirée vers le bas et elle y est maintenue. A peine le printemps arrive-t-il à son apogée que les feuilles jaunissent par leurs bords, s’enroulent, et toute croissance est achevée pour l’année. Elle reprend, l’année suivante, avec des feuilles de plus en plus longues (atteignant à la fin un tiers de mètre) ; la racine devient de plus en plus longue et grosse ; la mandragore ne laisse agir sur elle que les premières forces du soleil printanier; elle se comporte, parmi les Solanées, comme le font, dans d’autres familles, les crocus, les iris et l’éranthis d’hiver. Cependant, la plupart des Solanées sont des plantes d’été. La jusquiame ne se met à pousser que lorsque le sol est bien réchauffé ; la belladone, le datura, le tabac, la tomate, la pomme de terre ont besoin de la plénitude des forces estivales. La man­dragore se soustrait absolument à ce rythme ; c’est elle qui inaugure, au printemps, la ronde des Solanées. Toutefois, une espèce voisine, Mandragora autumnalis. attend la fin de la saison, comme le font le colchique et le cyclamen.

» Il s’écoule ainsi plusieurs années, et la racine de mandragore ne cesse de grandir, jusqu’à ce que sur­vienne enfin la floraison. En mars ou avril (pour Mandragora officinarum) apparaissent au centre de la rosette une quantité de fleurs d’un blanc verdâtre. Chacune possède un pédoncule de 5 à 7 cm. La corolle est longue d’environ 3 cm, de forme campa­nulée, mais divisée à la partie supérieure en cinq lobes pointus. Son calice l’enferme sur la moitié de sa longueur; il est également divisé, au bout, en 5 parties. L’inflorescence est largement surplombée par les feuilles ; elle se resserre presque en un capitule et on la voit à peine dans ce riche feuillage. Elle n’est pas loin de plonger dans la région de la racine. .

»Que l’on transforme, par la pensée, une belladone en une mandragore : il faut faire descendre l’inflorescence d’un étage entier, appliquer l’appareil foliaire au sol, et du même mouvement, accroître énormément les dimensions de la racine.

»De chaque fleur naît rapidement une baie juteuse, jaune, sphérique, de la grosseur d’une prune. Elle exhale une odeur un peu narcotique, très spécifique, mais non désagréable, et elle cache en elle un bon nombre de petites graines.

» Toutefois, l’essentiel de cette organisation est manifestement la racine, dont le corps charnu a reçu beaucoup d’influences de la floraison, si proche. Elle aussi répand une odeur étrangement suave, narcotique, surtout quand on la morcelle : on comprend fort bien que, dans les temps passés, cette racine et ses fleurs aient été utilisées comme somnifères. L’extrait de racine fournit une essence d’un jaune brun qui, sous une lumière incidente, présente une fluorescence violet pâle. On y trouve une proche parente de l’aesculine (du marron d’Inde) (méthylaesculine). On a analysé la racine de mandragore au début de notre siècle et on y a trouvé un mélange des divers alcaloïdes propres aux Solanées: hyoscyamine, scopolamine et atropine, hyoscine, et enfin un alcaloïde spécifique de la mandragore, la mandragorine, dont on ne sait pas encore grand-chose.

Voici quelles sont les propriétés de cette plante, à en croire les Anciens: ‘

» 1. Hippocrate rapporte qu’avec de très petites doses de mandragore, on peut guérir l’angoisse et les dépressions profondes. Des doses un peu plus fortes agrandissent la pupille, ce qui est caractéristique de maintes Solanées. L’œil devient « nocturne », il réagit à la clarté du jour comme s’il était dans une profonde obscurité. Les impressions des sens sont ressenties trop fort, d’où l’inquiétude et la surexcitation. Le sang afflue à la tête comme il le fait, beaucoup plus faiblement, lors du sommeil. Des doses encore plus importantes ont une action sédative, puis somnifère, que l’on prétendait atteindre dans l’Antiquité, rien qu’en respirant l’odeur des fruits, de la racine, ou de leurs extraits. En augmentant encore la dose, on provoque l’anesthésie. Déjà des onctions externes sont analgésiques mais, de l’intérieur, ce ” poison conduit à l’insensibilité totale et à un sommeil qui a les apparences de la mort : cela permit aux Anciens de pratiquer une certaine chirurgie et l’on peut y voir la préfiguration de notre narcose. Si la dose est trop forte, l’empoisonnement est mortel.

»En dehors de ces effets physiques, il faut considérer les effets psychiques qui les accom­pagnent : visions, hallucinations, délires et démence.

» 2. Lorsque le corps astral, qui n’est autre, chez l’homme, que l’âme, intervient trop fort dans la région de certains organes qui lui sont normalement subordonnés, il en résulte des crampes, des convulsions. En ce cas, la mandragore est antispasmodique (spasmolytique), à un degré plus fort que la belladone et la jusquiame. Les coliques, les « ténesmes » opiniâtres, dus aux hémorroïdes, mais aussi l’asthme, le rhume des foins, la coqueluche, ont été soignés dans le passé, à diverses époques, au moyen de cette plante.

« 3. La mandragore est un très ancien aphrodisiaque. On lui a attribué aussi, mais surtout à ses baies, le pouvoir de favoriser la conception. « Mandragoritis » était un des surnoms de la déesse Vénus. Les Arabes appelaient ses fruits « pommes du diable », à cause des rêves excitants que cause leur ingestion ; mais aussi « œufs des Génies ». On attribue des propriétés analogues à d’autres Solanées, par exemple à certaines espèces de datura. C’est que, dans ces plantes, la sphère végétative est anormalement pénétrée de processus floraux intenses, lesquels, en un certain sens, correspondent à la sphère sexuelle de l’organisme humain. Ajoutons que la mandragore plonge son processus floral dans les forces élémentaires naturelles du printemps, qui sont des forces de prolifération.

« 4. On lit un peu partout, dans la littérature ancienne, que la feuille de mandragore est un remarquable vulnéraire et un bon anti-inflammatoire ; rappelons que cette feuille est exempte des alcaloïdes qui rendent toxiques la racine, la fleur et la semence. En même temps, elle calme la douleur des blessures et des inflammations.

« 5. La mandragore a été introduite dans la pharmacopée de la médecine anthroposophique à cause de tout autres propriétés. Il s’agit d’un remède contre certaines formes de rhumatisme et surtout contre la goutte.

« Admettons que, dans un organe quelconque, où l’activité du Moi devrait prédominer sur l’activité astrale, cette dernière commence à l’emporter… Alors cet organe se surcharge d’acide urique, que l’organisation du Moi ne peut pas maîtriser… L’acide urique, au lieu de sortir, se dépose dans l’organisme. Si cet acide parvient en des points où l’organisation au Moi ne peut pas suffisamment agir, on a là un dépôt anorganique, que l’organisation du Moi abandonne au corps astral. Il s’agit alors de la goutte. Un cartilage d’articulation ou un tissu conjonctif peuvent être surchargés d’acide urique, c’est-à-dire d’un élément anorganique. Etant donné que toute la forme de l’organisme humain résulte du travail de l’organisation du Moi, le trouble que je viens de définir entraîne forcément une déformation. Tout l’organisme cherche à sortir de sa forme… »

Etymologie :

Thème des symptômes qui vont de la droite vers la gauche

Gauche en latin : sinistra. Senestre : “qui est à gauche”. Défavorable, de mauvais augure. Contraire, défavorable”. Funeste, mauvais, menaçant. Effrayant, funèbre, lugubre.  Malfaisant, dangereux “les desseins les plus sinistres”. Sombre, triste.

Commentaires

Cette recherche historique et symbolique montre bien l’association de cette plante avec les notions de :

-Donner la vie, être fécond :

dans la bible, Rachel associe sa fécondité au fait que le seigneur s’est souvenu d’elle et l’effacement de sa honte. Elle donne naissance à Joseph  “il y aura encore”

Lea donne naissance à Issakar  =”salaire, fruit de l’effort, du travail”.

La plante elle-même met plusieurs années avant de donner des fruits.

- La sensualité : Cantique des Cantiques : il semblerait que ce sont les fruits de la plante qui sont aphrodisiaques.

Association à Aphrodite, à Circé (= faucon).

Dans la mythologie grecque, Circé règne sur Aea (=la plaintive) qui est une île de la mort. C’est une magicienne qui transforme les hommes en animaux. Elle transforme les marins de Odysseus en pourceaux qu’elle parque dans un enclos. Odysseus pourra les délivrer grâce au charme offert par Hermès. Grâce au charme et à sa prudence, Odysseus partagera la couche de Circé.

(le porc est spécialement consacré à la déesse de la mort et les marins pourraient être devenus des ombres). On retrouve également le porc dans le nouveau testament: Marc V où Jésus guérit un homme ayant un esprit mauvais “(13) … alors les esprits mauvais sortirent de l’homme et entrèrent dans les porcs. Tout le troupeau, environ deux mille porcs, tout le troupeau se précipita du haut de la pente dans le lac et s’y noya”.

La magie, le secret, les gnomes, le diable. Hécate

La plante était utilisée pour chasser les démons.

Correspondance entre diable et danser :

Bal : du grec ballein : jeter, ballizein : danser

=> diabolos : celui qui désunit, dénigre, calomnie.

-  Donner la mort  à celui qui veut l’arracher) ; “petit homme de la potence”; Le chien noir.


DISCUSSION

(AFADH Janvier 2005)

Grand thème de brûlure, chair à vif : c’est de l’ordre du châtiment.

La souffrance est toujours un châtiment. La psore est le vécu imaginaire de notre souffrance. La réalité du symptôme arrive au-dessus de l’imagination. Conséquence d’une première chose qui est dans l’imagination.

Importance du démon dans les cas cliniques et dans la tradition concernant Mandragore.

Si le démon existe, il ne peut exister sans Dieu. Dieu est la cause créative du démon. Il est libre d’être devenu démon, il a choisi. Satan est l’adversaire pour nous permettre d’aller au-delà.

Dieu me crée dans l’amour pour un reflet de sa sainteté. Pour y parvenir, je dois passer par des événements. Dieu a envisagé l’idée que des anges puissent devenir, par le mauvais usage de leur liberté, des démons, parce qu’ils nous mettent dans des situations où l’on doit se dépasser. La création est une chose sérieuse, ce n’est pas une blague. Si Dieu donne la liberté, il la donne vraiment. Si je veux faire un désastre de ma vie, Dieu doit respecter ma décision. Dieu a crée Lucifer comme quelqu’un de parfait. C’est la déformation qui en a fait un diable.

L’homme peut-il être habité par le diable?

Pourquoi Dieu permet le mal? Il a crée les hommes avec la liberté.

Les anges, c’est la même chose: Dieu aurait pu créer des anges qui auraient dit amen tout le temps. Il faut d’abord penser à ce que c’est, la liberté. La liberté de la créature n’est pas absolue. Il y a une limitation physique. Là où il y a nécessité, il n’y a pas de liberté. On n’a pas la liberté par rapport au bien universel. Il est nécessaire que les hommes cherchent le bien universel. Par contre l’homme est libre dans le choix du bien concret limité. Par exemple, le choix de la boisson. Je  choisis les choses avec l’idée qu’elles me feront du bien.

G Loutan :

Dans tout mal apparent se cache un bien.

ML Fayeton :

Non, c’est la puissance de Dieu qui peut transformer un mal en bien, le bien n’est pas contenu, caché dans le mal. Le péché n’amène que la mort.

M Gerstner :

C’est la miséricorde qui fait que le pécheur a une nouvelle opportunité de sortir de son péché. Mais Dieu ne le force pas. Sinon, la création n’a plus de sens. Dieu nous a crée pour se donner Lui-même à nous. La plus grande liberté. Il faut étudier la liberté.

ML Fayeton :

Même le mal subit est vide de bien : l’aveugle qui développe son ouïe, ce n’est pas à cause de quelque chose de bon caché dans sa cécité, c’est à cause du potentiel de son ouïe.

M Gerstner

Nous avons deux hypothèses très proches :

Celle de l’IAEH :

Refus de la double présence de Dieu à la fois interne et entourante (contenante, embrassante).

Celle de Alain Messager :

Le refus de la soumission, la perte de la crainte filiale de Dieu.

ML Fayeton

Un cas récent m’a interrogée : une personne, très abîmée à la suite d’incestes quotidiens dans l’enfance, puis de viols du mari. Elle a été transformée par Bufo. Elle vit maintenant qqch. de terrible. Le père revient vers les enfants, extrêmement riche, en les manipulant contre la mère. Elle sent sa poitrine comme à vif. Elle a fait un rêve éveillé. Elle s’est vue au moment de sa conception et elle refusait la présence de Dieu et se repliait sur elle-même, vide de Dieu, prête à être en pâture à ceux qui la violent. Cette femme dit prendre conscience qu’elle a refusé la présence de Dieu au moment de sa conception.

“Je choisis contre la violence. La souffrance que j’ai donnée autour de moi depuis ma conception. Je ressens dans ma poitrine la griffe. C’est dans la conception que l’on choisit le noyau central de son choix de Dieu ou pas.”

C’est extraordinaire parce que Masi avait dit : “c’est à la conception que l’on choisit l’attribut divin que l’on veut s’approprier ».

Peut-être qu’il vaudrait mieux dire : Nous sommes conçus pour représenter un aspect de la divinité dans notre nature humaine, et lors de notre conception nous acceptons ou non de vivre cette perfection dans les limites de notre nature humaine.

“J’ai rêvé, continue cette dame,  que Jésus me pénètre comme un homme, j’étais très gênée par ce rêve. Je comprends que j’avais peur que Dieu me pénètre alors qu’il est déjà dedans.”

Elle venait me voir pour parler de sa souffrance morale. Elle choisit d’être non-violente et elle reçoit cette grâce de comprendre que Jésus est en elle.

J’ai donné Mandragore. Dans Mandragore, le problème du viol est très important, cette femme explique très bien le lien entre viol, peur du viol, fantasme du viol, et vide intérieur par refus de la présence de Dieu.

J’ai un autre cas d’une petite Solène, toute semblable à la Solène de Alain, et la mère disait : “la consolation ne peut venir que dans le drame. A la fin, elle se calme, mais cela ne vient jamais naturellement”.

Ici on voit combien l’amour de la mère est désiré et en même temps vécu comme souffrance.

L’embrassement sexuel est analogique à l’embrassement de Dieu. L’amour de l’époux pour l’épouse est dans la Bible la plus forte analogie parmi beaucoup d’autres pour montrer ce qu’est l’amour de Dieu : c’est l’époux qui embrasse et qui pénètre. Mandragore ne peut plus embrasser et ne peut plus avoir la connaissance de ce qu’il tient.

« Impression que ses propres mains lui sont étrangères » : l’étranger, c’est celui qui est à l’extérieur. Or Dieu est à l’intérieur !

Le symptôme des mains : la connaissance par l’embrassement. Il ne peut pas connaître Dieu s’il le met dehors.

Ressentir la douleur de l’autre : Lyssinum et Mandragore. Mandragore ressent la douleur de l’autre parce qu’il connaît tout de l’autre.

Ressentir de la compassion pour la douleur de l’autre : Causticum

symptôme de Mandragore: une âme sœur qui la console. Les sorciers : j’ai un frère jumeau (qui m’aide dans l’invisible).


Marcello Gerstner (professeur de philosophie à Buenos Aires) :

Perte du pouvoir, il va faire la fête de manière désespérée. Elle se tue dans la fête. Il y a une nostalgie de la relation.

La possession diabolique apparaît comme un thème très fort, mais le diable, c’est une justification de la souffrance : Ce n’est pas central dans le remède.

Le chien a une relation avec le diable, car le chien dans la mythologie conduit l’âme aux enfers.

Le lien entre la crainte et l’amour.

La crainte de Dieu est liée au respect.

“Timeo”,  ne veut pas dire j’ai peur de Dieu, mais j’ai un grand respect.

La crainte filiale est comme le cœur de la loi.

L’expérimentatrice n’a plus le contrôle de ses passions, l’irascible, le concupiscible.

Quand on perd la crainte, c’est la porte ouverte à tout.

Symptômes qui vont de la droite vers la gauche.

Mandragore est tombé dans la maison du diable et il ne peut s’en sortir qu’avec la lumière de Dieu.

« Sensation d’être d’abord tombée dans le chaos, puis d’avoir trouvé de l’appui dans le chaos ».

Du chaos, Dieu créa la lumière

La première chose : l’amour et la charité comme cœur du remède. Il rejette Dieu comme créateur de la vie. Il sait la chose pour laquelle la loi a du sens.

L’idée, c’est de rejeter la soumission à Dieu. C’est le péché qui provoque l’aveuglement de l’esprit.

Le rôle de Satan est de nous séduire. Le désir est un bien, mais la tentation de Satan est de nous séduire en déviant nos désirs de son objet propre. Par ex : pour passer un examen, un moine qui prierait au lieu d’étudier en vue de son examen. C’est le démon qui l’inspire.

Marc 9, 28 : les apôtres essaient de chasser un démon, échouent, et demandent : pourquoi n’avons nous pas pu le chasser? Jésus répond : “ce genre de démon ne se chasse que par la prière”. Ça veut dire que pour le chasser il faut se reconnecter avec Dieu.

Si Mandragore a rejeté Dieu, qui va remplacer Dieu ? Le péché de Mandragore est qu’il a rejeté Dieu et le diable occupe la place. Tant qu’il n’est pas reconnecté à Dieu, il n’a pas la lumière de l’esprit, il ne peut faire  sortir le diable.

Le problème de la colonne de droite et de gauche. Le texte de Zohar : la division entre la droite et la gauche. Perte de la simplicité.

Il veut le tout. Il veut lever tous les interdits. Il est dans le noir et il y reste. Sa souffrance, ce n’est pas d’être divisé, mais d’être incomplet.

Son désir n’est pas d’être uni à l’autre, mais de pénétrer l’autre pour tout connaître de lui sans limite, sans interdit. Comme il a perdu la crainte, le désir de Mandragore, c’est tout connaître, qu’il n’y ait plus d’interdit. Si je n’ai plus de crainte qui m’empêche de tout connaître?

Si je veux être Dieu sans crainte?

Le désir de Mandragore ce serait de n’avoir aucune crainte, arriver à une liberté totale, qui le laisse sans référence.

Le lien entre la lumière et l’amour.

Je ne veux pas de limite, je n’ai pas de crainte, la crainte inspirée par l’amour de Dieu. Comme je ne veux pas de limite, il ne faut pas que j’aime Dieu, car sinon, je vais le craindre et accepter la limite qu’il me donne. Donc, je deviens insensible et tombe dans le noir. Pour une plus grande liberté, il faut ne pas craindre Dieu, et donc je dois me priver de l’amour. Si j’aime Dieu, j’aurais des limites.

Le primum movens de Mandragore : Je suis comme Dieu, je ne crains personne. Pour cela, il faut qu’il nie son amour pour Dieu, Il se marie avec Lucifer, il s’est fait piéger par lui-même. Mais il reste une crainte qui nous limite, c’est la mort. C’est pourquoi l’expérimentatrice B va jusqu’à la frontière entre la vie et la mort, elle refuse aussi la peur de la mort. Mais elle ne va que jusqu’à la frontière, parce que c’est un billet sans retour. Si elle arrive à refuser complètement toute crainte, elle passera la frontière. Suicide.

Les choses qui déterminent la liberté, c’est la crainte ou l’amour. Ce n’est pas la seule manière d’être limité : dans la pensée thomiste, il y a, avant tout, la structure de l’être de l’homme.

Si le problème de Mandragore est dans la crainte de Dieu, cela touche une attitude personnelle entre l’homme et Dieu.

La raison de la loi, ce n’est pas que Dieu soit un tyran, il donne la loi comme un bon papa : sa loi est là pour protéger l’être de l’homme. Il y a une logique intrinsèque de la loi. Elle est un problème humain avant un problème avec Dieu. J’achète une machine, avec un mode d’emploi. Pourquoi je dois respecter le mode d’emploi? Parce que j’aime le créateur de la machine ? non! Mais uniquement parce que lui, il connaît la machine, et pas moi, et si je ne suis pas le mode d’emploi, la machine se casse. Si je respecte les lois de la machine ce n’est pas d’abord un acte d’amour, c’est de la logique. Je respecte la volonté du créateur parce que le dernier fondement de la loi divine, c’est la sagesse de Dieu. Mandragore veut être libre de ce qui le limite. Celui qui ne veut pas avoir de limites ne veut pas de mode d’emploi. Il ne veut pas être limité (embrassé) par Dieu, donc il ne veut pas obéir à la loi de Dieu.

Obéir : latin : ob audire : écouter. Au départ de l’amour, il y a l’être, la vérité. Le mot  vérité est plus important que l’amour dans le don de la loi car l’amour peut manipuler. Je reçois la loi de Dieu comme bonne pour moi selon la  structure de mon être, ma vérité. Une loi spécifique primaire. L’être a intrinsèquement un ordre. Cet ordre est le fondement de la loi. Toute la loi est sous  l’ordre de l’être.

Il y a un problème grave dans la morale, c’est le volontarisme. Obéir pour obéir, comme un esclave, sans comprendre qu’elle est faite pour mon bien, cette loi. Il y a des commandements de Dieu qui semblent évidents : “tu ne tueras point”. Cependant ils sont là pour aider l’homme dans les circonstances où il ne sait plus par lui-même ce qui est bon, car sa volonté peut être capricieuse.

Dieu est son propre mode d’emploi pour son bien. Je rejette le mode d’emploi de Dieu. Si j’aime Dieu, je suis obligé d’accepter le mode d’emploi.

Il veut se structurer lui-même et il trouve de l’appui dans le chaos. (égotrophie maxima)


Diagnostic différentiel

Fluoric acid : il craint que l’amour ne le lie dans l’avenir.

Plumbum : il refuse qu’on lui interdise quelque chose que lui même sait très bien qu’il ne fera pas. Il refuse que l’on lui dise les interdits, car il les connaît et est assez grand pour les choisir lui-même.

Il a voulu être plus grand que sa limite.


Attribut envié

L’idée de clairvoyance, c’est être dans l’autre, c’est une manière de connaître le secret de l’autre. “Précocité étonnante qui pénètre”. Ce n’est pas de la maturité, c’est de la lucidité par rapport aux autres. Il a rejeté la présence intérieure de Dieu et acquiert une  clairvoyance égotrophique par laquelle il veut se faire présent à l’intérieur de l’autre. Je veux être à l’intérieur de l’autre. Dieu est dans l’intérieur des choses, moi aussi, je veux y être aussi.

L’occultisme, c’est pénétrer l’autre monde.

Mandragora a envié cette présence de Dieu qui est dans l’intérieur de toutes choses. Il veut connaître l’intérieur de toutes choses, avoir la clairvoyance des choses, pénétrer leur mystère

La présence de Dieu : Dieu est en même temps à l’intérieur de toutes choses et il donne les limites de toutes choses. Il embrasse tout le monde. Mandragore a voulu être à l’intérieur de toutes choses et tout embrasser.

Le refus de la crainte de Dieu ou le refus que Dieu soit à l’intérieur de moi et me limite, ça se rejoint complètement. (Q. 8 de la Somme) : S’il a voulu être comme Dieu à l’intérieur, c’est normal qu’il n’ait pas la crainte filiale. Dans l’acte de rejeter Dieu, il perd la crainte filiale.

S’il a le fantasme d’être dominé et pénétré et  limité par ce qui est en lui source de vie, forcément, la relation avec les parents va être épouvantable.

Un participant dit que ce sera des gens un peu schizophrènes.

Non : le côté schizophrène est réactionnel.


ML Fayeton :

j’ai un autre cas de Mandragore : dynamique, rigolote, très active et engagée efficacement dans la vie, très affectueuse, adore les petits enfants à les mordre en les embrassant. Embrasser et mordre, c’est embrasser et pénétrer.

Hémorroïdes, brûlure après les selles à se taper le derrière par terre depuis des mois et des mois.

Ça a commencé après la naissance des jumeaux : elle a perdu son contenu. Paeonia, (le grand remède des hémorroïdes énormes et affreusement douloureuses) marche une fois, pas deux.

Mandragore l’a soulagée complètement de manière rapide et spectaculaire.

Contenant et contenu.

S’il a envié Dieu comme étant dans les choses tout en contenant les choses, cela explique les symptômes relatifs à  un problème de contenant et de contenu :

Malade depuis l’accouchement des jumeaux.

> en urinant : il vide le contenu, comme s’il était gêné par quelque chose d’intérieur à lui.

Mandragore a voulu l’attribut par lequel Dieu connaît tout en détails, parce qu’Il est au cœur  de ses créatures et extérieure aux créatures.

Le thème du viol : pénétrer et envelopper l’autre. Dans quel but ? Le connaître de l’intérieur et de l’extérieur, tout connaître de lui. Il veut être pour l’autre ce qu’il a refusé à Dieu d’être pour lui. Il fantasme la présence intime de Dieu comme un viol, il a l’impression d’être violé par Dieu ; en hétérolyse, il violera l’autre. En égolyse, il se laisse violer. En égotrophie il connaît tout de l’autre, par observation et clairvoyance.

20 Janvier, à partir des notes de Clotilde Bornhauser





Mandragora : entre ange et démon

Cas clinique de A. Messager


Monsieur  W. me consulte la première fois le 18 septembre 2002 pour “des états très noirs dans lesquels il plonge régulièrement”. Son visage reflète une certaine sensibilité. Les cheveux sont coupés très courts. Tous ses vêtements sont  noirs, son tee-shirt et son blouson portent des inscriptions qui font allusion au diable, au sang et au meurtre. Au cours de la consultation, il me confirmera son attrait pour le diable présent partout dans sa vie : il est tatoué sur lui, accroché à  son  porte clés, présent dans ses dessins  …

Il travaille comme médiateur de nuit dans les quartiers sensibles de la ville : il intervient souvent dans des milieux où l’alcool et la drogue sont présents au quotidien, avec tous les problèmes qui en découlent. Il pratique les arts martiaux et pour se faire entendre lorsqu’il est appelé pour calmer une rixe, il me dit qu’il peut cogner froidement et efficacement les belligérants  afin de les calmer et les amener ensuite à discuter. Il en arrive maintenant à détester la violence.

Il se sent exploité dans son travail  (salaire trop bas) et exprime son ressentiment à ses supérieurs. Il voudrait changer de travail. La psychologie l’intéresse et il envisage de reprendre ses études pour travailler avec la police sur des affaires difficiles : il comprend bien la psychologie des gens du “milieu” et serait ainsi plus à même de les faire coopérer.

Il écoute beaucoup de musique “métal” et en compose également.

Il aime dessiner et fait des tatouages : “Dans mes dessins, il y a un mélange du pur et du sombre, il y a toujours des démons, des crânes, à côté de belles femmes”.

Quand il est dans un état sombre, il prend un peu de cannabis (en fait, il me dira plus tard qu’il en fumait de plus en plus sans obtenir de soulagement).

Sa souffrance s’exprime principalement dans sa relation avec les femmes …. Problème au niveau de la sexualité : il a beaucoup de fantasmes sado-masochistes qu’il refuse; il se dit très doux dans la relation sexuelle, mais a du mal à y trouver du plaisir, sauf avec sa dernière compagne.

Analyse : il est clair que ce patient ne correspond pas à un remède classique. Je retiens surtout le thème du  diable comme thème central, ce qui me fait penser à Anacardium,  mais l’image que j’ai de ce remède ne me satisfait pas : d’après mon expérience, Anacardium refuse son côté “diable” en cherchant à faire le bien; ce patient  a un attrait manifeste pour le diable.

Je pense alors au cas de Mandragora que j’ai lu récemment dans la revue  Links 3 / 01 (article de Krista Heron)  , et  prescris Mandragora e radice 200 K , du laboratoire Schmidt Nagel, et je lui demande de m’apporter ses dessins au prochain rendez-vous.


Le 20 novembre 2002

Il me dit d’emblée “le remède a beaucoup agi : j’ai beaucoup plus d’énergie, mes relations sont meilleures, notamment avec les femmes : ça passe beaucoup mieux. Je pourrais même avoir plusieurs copines en même temps, mais je ne suis pas polygame”. Il se sent mieux avec sa patronne qui  lui est insupportable : maintenant, il arrive à lui répondre et contrôle mieux son impulsivité.

Il n’a plus eu de période noire depuis la prise du remède et se sent moins sombre. On lui dit qu’il est plus souriant. Il n’a plus d’insomnies, moins d’agressivité. Il n’éprouve plus la nécessité de fumer du cannabis pour se détendre quand il est mal. Il se décide beaucoup plus vite pour faire quelque chose ou prendre des décisions.

W. m’a apporté des dessins qui vont me servir de support pour approfondir sa personnalité.

Il me dit qu’il est fasciné par les vampires, par Dracula ; intérêt pour les zombies, le vaudou. Dans ses dessins, il peut représenter une belle femme puis se sent obligé de rajouter des crânes, des dents de vampire …

Il explique la violence de ses personnages par une rancune tenace. En cas de conflit, il peut aller “jusqu’à faire ramper l’autre devant lui”. Il est très froid dans la colère et serait capable de laisser mourir l’autre devant lui. Il ne faut pas le blesser. Auparavant, il a eu de la colère jusqu’à taper contre les murs, d’ailleurs il pratique la boxe.

Il a toujours dessiné des têtes de mort. Il se sent animal en lui, bien qu’il y ait aussi des émotions.

Rêve : d’araignées (il eu a une peur bleue) ; il y en avait plein partout et il les tuait.

Prescription : Mandragora e radice MK .

Le 4 janvier 2003

Il a plus de confiance en lui. Il a eu une relation amoureuse qui s’est mal passée, mais se sent moins touché émotionnellement qu’il l’aurait été auparavant: “J’ai encore joué à l’infirmière avec une fille”. “J’en ai ras le bol d’aider et qu’elle s’en aille après”.

Il se sent de plus en plus sensible mais arrive mieux à surmonter les évènements; ne gueule plus au travail, il s’y implique moins et le vit avec plus de recul.

Retrouve du plaisir à écrire, à jouer aux jeux vidés comme quand il était adolescent, ce qui lui permet d’évacuer son agressivité.

Ses dessins évoluent vers les anges. Il a laissé tomber un tatouage avec un crâne, une toile d’araignée qu’il voulait se faire. Il veut maintenant quelque chose de plus doux, de sympathique. Il veut plus de douceur dans ses relations. Envie de confort, d’être bien chez lui : il fait volontiers le ménage maintenant, il n’attend plus.

Au travail, il ne se laisse plus marcher sur les pieds et met les choses au point avec ses collèges qui comptaient toujours sur lui.

Il a un don de voyance et tire les cartes pour les autres : maintenant, il est moins touché émotionnellement par la souffrance de l’autre lorsqu’il pratique.


Prescription : je pense que le remède précédent continue d’agir et je pourrais donner placebo. Cependant, ce patient intuitif vient avec une attente et je pense qu’il vaut mieux proposer un remède. Je recherche alors un remède qui puisse l’aider au niveau du plexus solaire qui reste tendu : je prescris Homarus 200 K en en rapport avec son besoin d’affection et sa sensibilité cachée sous une carapace +  renouveler plus tard Mandragora MK si nécessaire.


Le 31 mars 2003

Bon effet de  Homarus : plus de confiance en lui, plus envie de vivre, plus calme. Il est prêt maintenant à quitter son travail. Il a moins peur de lâcher. Fait plus de sport. S’apprécie davantage au niveau physique (il se trouvait moche auparavant). Cette amélioration confirme bien l’action sur le plexus solaire.

Courant février, il a renouvelé  Mandragora  MK et  trouve que ça laisse trop sa sensibilité sortir. Il peut avoir les larmes aux yeux quand on lui dit quelque chose de gentil.  Depuis peu de temps, Il a rencontré une fille et il est bien avec elle.

Il n’est plus dans les extrêmes ; la violence s’exprime maintenant uniquement dans ses dessins. Il n’éprouve plus le besoin de s’opposer ou de provoquer.

Je l’invite alors à parler de son enfance. Sa mère l’a beaucoup frappé, il recevait des gifles à toute occasion et souvent sans raison apparente “on gifle d’abord et on pose des questions ensuite”. De ce fait, il s’est endurci et les gifles ne lui faisaient finalement plus rien ; de même, il refusait la tendresse de sa mère quand elle se montrait plus maternelle. Il se considère vraiment comme un enfant battu (ce qui explique qu’il ait fait son service militaire comme objecteur de conscience pour s’occuper d’enfants maltraités.

Tentative de suicide à 6 ans. Il a tenté de tuer sa mère avec un couteau à 14 ans, son père l’en a arrêté. A 17 ans, il l’a “fracassée ” contre un mur : il en avait marre de rêver toutes les nuits des gifles de son enfance.

Son père est très égoïste et ne s’est jamais intéressé à lui. Wilfried en a reçu peu de “raclées” et elles étaient méritées, par exemple suite à un vol de voiture. Il a “cassé la gueule” à son père il y a 5 ans et l’a laissé dans une mare de sang.

Il est brouillé avec toute sa famille car personne n’avait  réagi lorsque sa mère le frappait.

Il a eu une période très dure : drogue dure, alcool (il pouvait boire deux litres de vodka par jour) viol par trois hommes à 20 ans. Il s’en est sorti seul et a pu se sevrer de la drogue malgré de nombreuses crises qu’il surmontait par exemple en courant sur 20 km.

Maintenant, il se sent plus libre au niveau affectif, il est bien seul et apprécie la vie. Il en arrive parfois à ressentir Dieu partout et me cite une parole de la bible : “soulève une pierre, il est là”.  Plusieurs personnes lui ont dit qu’il avait trois anges pour le protéger.

Il apprécie les plaisirs simples, donne beaucoup de tendresse. Il a retrouvé du plaisir dans la relation sexuelle. Il ne haït plus son passé. Auparavant, il refusait d’avoir des enfants pour ne pas les frapper, maintenant, il a envie d’être père. Il envisage une vraie vie de couple avec son amie. Il n’a plus envie de se montrer comme auparavant (il a été chanteur dans un group de rock).

Par rapport aux femmes, il est toujours attiré par les très belles femmes, aime leur physique, mais maintenant “il faut qu’il y ait un cerveau et un cœur”.

Il me parle également d’un autre aspect de sa personnalité : la recherche de sensations dans des pratiques extrêmes pour avoir une montée d’adrénaline (et non pour rechercher le danger): il aimait par ex. conduire à plus de 220 km/h, il a essayé le saut à l’élastique et a même pu monter dans un avion de chasse. La mort ne lui a jamais fait peur.  Maintenant, “c’est plus réfléchi”.


Prescription : Mandragore e radice  XM K

Le 24 août 2004 (5 mois après Mandragora XMK)

Cette rencontre a lieu à ma demande afin d’approfondir ma connaissance du remède, il accepte volontiers.  Depuis la dernière visite, il a quitté son travail de médiateur pour monter un cabinet de tatouages au centre ville. Il a donc quitté le monde de la nuit pour vivre au grand jour.

Je lui demande de me commenter ses dessins : ” J’aime les deux côtés ange et démon ; si on croit en Dieu, on croit aussi au diable. Satan était le plus beau des anges Le diable est aussi utile que Dieu. Il nous rappelle qu’on n’est pas du bon côté”.  W.  visite volontiers les églises : dans l’une d’elles, il a aimé un représentation de l’ange de la mort. ” Cet ange a aussi son utilité : Dieu l’a créé pour qu’il joue son rôle”.

W. a un attrait particulier pour les têtes de mort : il y en a une imprimée sur son tee-shirt en guise de provocation : il est contre le politiquement correct. Une fois, il a offert un vrai crâne à un ami pour l’anniversaire de ses 21 ans. W. fait le rapprochement de ce goût macabre avec sa mère qui travaillait sur des cadavres (elle faisait des recherches sur le cancer en tant que biologiste). Par ailleurs, la mort aurait été  présente dès sa naissance par le décès d’un jumeau ( sa mère n’a jamais voulu lui en parler).

Dans un de ses dessins  on voit  un ange : « il est là pour aider l’enfant qui naît dans un environnement violent. L’enfant ne peut pas choisir ». W. ne pouvait pas arrêter sa mère quand elle le frappait.

Cependant, il préfère dessiner un démon car il y a plus d’expression dans le visage d’un démon, un ange a peu d’expression : il sourit toujours ! Ces dessins sont aussi une manière d’exorciser ce qu’il a vécu.

“Et puis les anges, on se demande ce qu’ils font là-haut ? Ne s’ennuient-ils pas ?”

Ceci  nous amène à parler de l’ennui. Avec Mandragore, il a pris conscience qu’il s’était beaucoup ennuyé enfant, il était toujours seul (fils unique); sa mère compensait son manque d’affection pour lui en achetant de grandes quantités de jouets (il avait trois poubelles pleines de legos et de petites voitures). il aurait aimé les échanger contre un peu de tendresse. Sa mère était dépressive et sa grand-mère avait été violente avec elle.

Cet ennui  explique sa recherche  de sensations fortes  (voir précédemment), il n’aime pas la monotonie. Une vie trop “clean” manque d’émotions. Il retrouve également des  sensations fortes dans une relation sado-masochiste avec les femmes. Mandragore l’a aidé à accepter ce côté sombre de sa personnalité, ce qu’il préfère vivre comme un jeu. C’est un rappel de l’attitude soumise qu’il avait dans sa relation à sa mère violente. Il souhaite rencontrer une femme qui porte comme lui les deux polarités ange et démon. Il reconnaît un grand besoin affectif, de câlins et de bisous. Mandragore lui a appris à recevoir de l’affection; avant, il ne savait pas ce que c’était.

Nous parlons ensuite de sa nouvelle activité. Peu de temps après son installation, il a reçu la visite d’un contrôleur pour l’hygiène de son cabinet,  la réaction a été alors forte et persuasive, assortie de menaces en cas de problèmes pour exercer . W. est bien conscient de l’importance de l’hygiène mais il n’accepte pas d’être contrôlé aussi rapidement alors que pour lui, les contrôleurs se montrent beaucoup plus complaisants envers les professionnels médicaux. Cette anecdote montre que le refus de se soumettre est encore très fort.


=>  Mandragora    LM K

PS : quatre mois après, au cours d’une brève rencontre, il me dit que la dernière dose a agi  profondément. Il va bien, malgré quelques coups de blues occasionnels. Il me montre ses nouveaux dessins. Sans renier son ancien style, ses traits sont maintenant beaucoup plus ronds et il dessine volontiers des papillons, lézards ou fleurs qu’il propose comme tatouage à ses clients.


Mandragora

Cas clinique n°2 de A. Messager, Solène

Solène, enfant de 8 ans, m’est amenée par sa mère le 9 juillet 2002  pour dyslexie.

Elle est très renfermée bien qu’elle reste vigilante sur tout ce qui se passe autour d’elle. Elle n’a pas l’intention de me livrer quoi que ce soit et au cours de la première consultation, je n’obtiendrai que des “je ne sais pas  …” sur un ton traînant et monocorde, en réponse à toutes mes tentatives d’entrer en relation.

Ses parents sont agriculteurs. Sa mère consacre  beaucoup de temps à l’éducation de ses enfants; le père a du mal  à jouer son rôle quant à l’autorité.


Solène  est l’aînée de 3 enfants. La dyslexie a commencé deux mois après la naissance de son petit frère : alors confusion des lettres p, d, q ,… puis elle s’est opposée à la lecture.  Elle a une bonne mémoire.

Son caractère n’est pas facile : très susceptible, elle ne veut pas admettre qu’elle a tord,  ne supporte pas ce qu’on lui impose, elle veut imposer elle-même. Ceci explique peut-être ses difficultés avec les hommes, même avec son père.

Elle demande beaucoup d’attentions, un peu comme un bébé; d’ailleurs, elle veut retourner à l’école maternelle.

A cette fin, elle n’hésite pas à jouer la comédie, faire semblant d’aller mal. Elle est très exclusive et dévalorise sa sœur  elle lui dit : “tu es moche”.

Paradoxalement, sa conscience est bien supérieure à celle d’un enfant de son âge et elle utilise cette maturité pour mieux manipuler son entourage, notamment sa mère. Lors d’une chute de son petit frère, elle dit à sa mère “Maman, tu devrais prendre une nourrice …” une manière de la culpabiliser davantage pour son manque d’attention. A une autre occasion : “Maman, il ne faudrait pas qu’on ait un quatrième bébé !”. Comme si elle se substituait à sa mère; parfois, elle en prend même le rôle, à sa façon, en disputant et frappant  sa sœur et son frère.

A d’autres occasions, elle joue facilement la victime.

Solène est également capable d’être très vulgaire avec sa mère. La recherche de dialogue a vite montré ses limites et la mère a dû changer d’attitude, d’autant plus que Solène cherche à s’immiscer dans le monde des adultes, par ex. elle aime écouter les conversations derrière une porte :  attrait pour ce qui est secret.

En même temps, Solène a des peurs, notamment peur de la mort suite au décès de personnes âgées. Une fois, elle a rêvé qu’elle était morte et que tout le monde avait de la peine.

Elle a une grande peur qu’on se moque d’elle et se compare beaucoup à ses camarades. A carnaval, elle a eu peur d’être ridicule avec son costume : “me péter la honte sur la place du village! “.

Elle aime le faste, se montrer, les choses brillantes, les bijoux, mais “ne veut surtout pas qu’on applaudisse“.

Un dernier point important à noter : Solène ne sait pas jouer et s’ennuie beaucoup.


Analyse : il est difficile de traduire par des mots l’impression que l’on ressent devant Solène. Au cours de la consultation, il est clair qu’elle me teste en restant distante. Il y a comme une menace pour elle d’être démasquée et son attitude défensive lorsque je lui fais tenir un remède me le confirme : elle n’a plus le contrôle de cette situation qui lui est inconnue.

Ma première intention va vers une solanacée,  ce que l’avenir me confirmera, mais laquelle ? Ma préférence va à Stramonium par rapport à ses peurs, l’attrait pour le brillant …  que je lui prescris en MK.


Le 20 novembre

Solène va beaucoup mieux et arrive à dépasser ses peurs ; par ex, elle est allée a Nigoland et a pu faire de tous les manèges, même ceux où on a très peur. A l’école, la lecture est beaucoup mieux, mais elle a des difficultés en mathématiques avec la logique : elle a du mal à ordonner dans sa tête, par exemple compter au-dessus de 100.

Solène est très jalouse de ses frère et sœur. Elle aimerait être fille unique “je serais dans le calme“. Elle voudrait avoir tout ce qu’ils ont ; ils ont toujours plus qu’elle. (J’ai vu son frère et sa sœur : leur caractère est tout à fait normal et sans comparaison avec celui de Solène).

Elle peut prêter si on est gentil avec elle, mais donne rarement. Ce que les autres ont est toujours mieux.

De même gros appétit correspondant au besoin d’avoir beaucoup. Elle ne veut pas manger de viande à cause du sang, pas même les œufs car c’est vivant.

Prescription : Stramonium  XMK


Le 4 février 2003

Solène a moins de peurs mais fait des cauchemars. Elle geint la nuit, appelle sa mère : elle a les yeux ouverts et tremble. Elle est terrifiée par quelque chose mais ne dit rien. Pendant les cauchemars, elle se tortille sur le lit, c’est arrivé quatre fois depuis le dernier rendez-vous. Elle entend des bruits.

Un jour, elle  n’arrêtait pas de provoquer sa mère, en abîmant des objets par ex, et à une remontrance, elle a répondu  “je suis le diable !”. Sa mère m’a également signalé par téléphone qu’elle se masturbait très jeune.

A l’école,  énormes progrès en lecture, se sent plus forte. Inverse encore un peu les lettres. Elle apprend très bien par cœur  mais difficulté dans le raisonnement, elle n’a pas de logique. Difficulté à se situer dans l’espace et dans le temps.

Solène ne veut toujours pas répondre pendant la consultation et dit invariablement “je ne sais pas” à toutes mes questions.

Analyse : les peurs sont transformées en cauchemars et le caractère s’aggrave : ce n’est pas une évolution  satisfaisante et je préfère changer de remède.  En attendant plus d’inspiration, je prescris Plumbum XM K.

Le 29 janvier 2004

Solène ne fait plus de cauchemars. Du mal à se prendre en charge, notamment pour l’école : elle ne persévère pas. Elle refuse de passer par l’apprentissage : elle voudrait arriver tout de suite.

J’ai remarqué sa tendance à cligner des yeux, elle n’a cependant pas de tic. Elle suce son pouce, tourne ses cheveux.

Toujours du mal à s’occuper, elle s’ennuie ce qui l’amène à manger à la limite de la boulimie.

Beaucoup d’avidité, avoir les choses pour elle.

Solène est très jalouse de sa petite sœur qui apprend bien, elle a tendance à l’imiter, se comparer à elle.

Elle veut être au-dessus, briller, elle aime se regarder, elle veut danser comme les chanteuses célèbres (Alizée).

En famille, très opposée, insatisfaite. Solène tient tête quand on la dispute. Autoritaire, elle veut imposer à son frère et à sa sœur ce qu’elle ne respecte pas elle-même, comme si elle connaissait la règle  et veut se placer au-dessus. Elle peut être violente, elle est capable de dire à une petite fille de son âge “je te déteste, tu n’aurais jamais dû naître“, ou encore de tirer les cheveux de son petit frère sans raisons.

Ce qui est étonnant, c’est que sa mère reçoit des louanges de la part des autres personnes qui reçoivent Solène, ce qui confirme bien que son attitude à la maison est délibérée.


Analyse : depuis le soin précédent, le thème du diable me fait penser à Mandragora donné à un autre patient sur cette thématique. Les deux cas présentent beaucoup de similitudes.

Prescription : Mandragora  e radice 200 K (source Schmidt Nagel)


Un mois après, je vois sa mère seule en consultation, voici ce qu’elle me dit de Solène :

“Le changement à été flagrant le soir même de la prise du remède. D’habitude, elle est demandeuse de câlin, mais n’en donne pas. Ce soir là, elle a câliné sa maman, ce qui est exceptionnel. Elle est beaucoup plus posée maintenant, plus gentille avec son frère et sa sœur et a moins d’agressivité gratuite. Il fallait qu’elle ait le pouvoir.

Elle est transformée à la maison ! Plus autonome, bien qu’elle demande toujours à sa mère de l’aider pour ses devoirs. C’est beaucoup plus harmonieux.

Une anecdote révélatrice : Solène est partie en classe de neige et elle a demandé au téléphone si son frère et sa sœur allaient bien, ce qu’elle n’aurait jamais fait auparavant.

Elle a eu une très grosse varicelle et une très grosse éruption huit jours après la prise du remède + pétéchies “.

Le 10 avril

Nette amélioration : elle se prend plus en charge, elle est plus indépendante pour faire ses devoirs. Beaucoup plus volontaire, elle prend plus d’initiatives et rend plus de services à la maison. Moins d’opposition. Elle est plus douce en famille; elle s’ennuie moins. En consultation, elle est encore grognon, mais elle participe plus et commence de me parler.

Prescription : Mandragore e radice MK


Le 16 octobre

L’école va bien, sauf en maths où elle a toujours des difficultés avec la logique. J’arrive maintenant à parler avec elle, mais elle refuse encore de me regarder; sa tête reste inclinée ver l’avant, comme quelqu’un qui boude.

Elle est beaucoup plus autonome pour ses devoirs et n’a plus besoin de l’aide d’une personne extérieure “Je me serais tuée si je devais encore aller aux devoirs !“. Ce genre d’expression montre son côté excessif.

Au quotidien, elle continue de cultiver son mauvais caractère mais elle me donne l’impression d’être maintenant prisonnière de l’image qu’elle a voulu donner d’elle.

Elle aime beaucoup faire du poney dans un club : “Ca remplace mon frère et ma sœur, le poney m’écoute, lui au moins. S’il ne m’écoute pas, je lui donne trois coups de cravaches sur les fesses, il faut bien qu’il m’écoute ! “.

Maintenant, elle ne veut plus être fille unique, mais “avoir un frère et une sœur qui l’écoutent, et c’est souvent eux qui commandent à ma place !“.

Il est intéressant de noter qu’elle n’a pas de relation affective avec un poney particulier : elle en change à chaque séance, son plaisir est de dominer.

Solène fait encore des cauchemars, mais n’arrive pas à se souvenir du contenu. (Elle dort dans une pièce fraîche sans chauffage).

Elle a toujours du mal à rester seule, elle s’accroche encore à sa mère. A l’école, elle peut rendre service mais à la maison elle ne veut assumer aucune responsabilité par rapport à son frère et sa sœur, comme les surveiller quelques instants pendant l’absence de la mère.

Ce jour là, elle est en colère contre moi car le rendez-vous était à la même heure que la séance de poney et en guise d’au revoir, j’ai droit à un “Je ne viendrai plus jamais! “.

Prescription : Mandragora e radice  XM K.

Le 18 novembre par téléphone

Le lendemain soir de la prise du remède, grosse réaction : mal au ventre, crise, elle est insupportable mais a peur d’aller aux urgences. La nuit suivante, elle a rêvé d’un serpent qui était en train de lui dévorer le ventre.

Depuis, le père est intervenu avec autorité, ce qui est nouveau. Progrès à l’école, sans comparaisons avec l’année passée. Elle veut toujours commander. Solène a reçu une médaille pour l’équitation et elle en est très fière.

Le 27 décembre 2004

Net changement dans l’attitude, Solène a grandi et son attitude est plus ouverte. J’arrive à parler directement avec elle et elle me regarde. Je fais le point avec sa mère : maintenant  Solène aime lire. Elle a lu avec beaucoup d’intérêt l’histoire de Mélusine, de Harry Potter …

Autre point positif : le père est plus présent et, à plusieurs reprise, il a affirmé son autorité, ce qui lui a été profitable. Maintenant, elle s’occupe plus de son frère et de sa sœur.

Encore quelques cauchemars.

Solène  voudrait être esthéticienne, mais ne veut pas que quelqu’un d’autre la maquille.

Le plus gros changement constaté par la mère reste au niveau affectif où il y a maintenant échange, alors qu’elle était très froide auparavant.

Je trouve qu’elle évolue bien et ne prescris pas de remède.

Le 25/04/14

Je sais que Solène va bien par sa mère que je vois de temps en temps. Solène fait maintenant des études supérieures.

Mandragore


Retard psycho-moteur chez une micro-céphale

Cas clinique ML Fayeton

Solène, née le 08/09/99,  est  très affectueuse, et ne décolle pas de sa mère : « Elle me caresse, elle me lèche, dit la maman, elle touche les gens, les enfants.

Elle voudrait toujours être dans les bras, le visage collé contre le mien.  Elle cherche à se mettre tout le monde à dos, et puis elle tombe en pleurant dans mes bras. »

Elle se roule par terre en criant, sa mère la prend de force  et finalement elle s’abandonne dans ses bras en gros sanglots

« Il y a un espace de plaisir de la consolation qui ne peut s’obtenir que dans le drame. »

Elle ne veut pas s’endormir sans nous. Entre minuit et 2h du matin, elle se réveille, il faut qu’elle couche avec nous, elle a besoin d’être dans les bras  et de toucher.

« J’en veux pas, j’ai pas faim. » Si la maman lui donne, elle le prend. Elle boit son lait au biberon, sinon elle ne le prendrait pas.

Elle fait toutes les bêtises imaginables pour attirer l’attention  de sa mère qui n’en peut plus.

Elle dit : j’veux devenir maman, j’ai un bébé dans le ventre.

Solène est une petite fille affligée d’un retard psychomoteur et de microcéphalie : périmètre crânien : 33 cm à la naissance

Une « anomalie des extrémités subtélomériques des chromosomes 6 et 11, monosomie 6q télomérique et trisomie 22q télomérique  explique les difficultés de développement et la microcéphalie » de Solène.

« Nous disposons de peu d’informations sur l’évolution de ces enfants ». (Dr Prieur, service de génétique chromosomique, le 10/11/05).

Elle a tenu assise à 1an

1er pas à 2 ans

C’est à partir de ce moment là qu’elle est devenue « embêtante ».

Elle se balance.

Elle grince des dents.

Elle n’obéit pas. On l’appelle, elle ne vient pas, on la tire, elle se couche par terre, se raidit, s’agite, une folie.

Elle bouge beaucoup, elle ne tient pas en place.

La nuit, elle crie et vient dans notre lit.

Elle ne supporte pas d’être touchée au réveil, elle se raidit, comme si on lui faisait mal.

Elle ne demande pas à faire pipi, elle fait là où elle est.

Très constipée, lavements tous les 3 jours.

Elle touche les gens, elle se frotte.

Avant de se coucher, elle regarde sous le lit s’il n’y a pas un ours.

Elle se badigeonne la figure avec tout ce qui coule de la figure, bouche, nez, yeux.

Elle parle bien et comprend ce qu’on lui dit.

Elle refuse tout, dit non à tout.

Elle dit non pour contrarier, même pour des choses qu’elle voudrait.

Elle cherche à faire de la peine, elle dit : méchante.

« On a l’impression qu’elle a quelque chose dans la tête qui lui fait dire la contraire de ce qu’elle veut ;

On ne peut pas la laisser avec un bébé. Elle l’approche, elle l’embrasse, et tout d’un coup, elle lui prend la figure et elle serre. »

La maman n’en peut plus.

Son père reste optimiste : « on nous avait dit qu’elle ne marcherait pas, elle fait du vélo »

A l’école (maternelle), ça va, elle est supportable, mais elle se croit tout permis. On n’envisage même pas l’apprentissage de l’alphabet.

Elle observe les fourmis pendant des heures,

Ma secrétaire est étonnée « d’un regard si pénétrant et personnel dans une si petite tête d’enfant », d’autant plus petite qu’il y a microcéphalie.

Syncinésies, symptôme très particulier qui me fait donner, Thalamus 9 CH, faute de mieux.

23/12/03

Elle se tape, se gifle, se tire les cheveux.

Elle raconte beaucoup d’histoires : la Maman loup a perdu son bébé.

Tarentula XM

06/02/04

La constipation est guérie.

Quand elle fait un dessin coloré, elle le remplit de noir.

Après Tarentula, elle reçoit Ignis alcoolis, puis Pastinaca, puis Oenanthe, puis lac leoninum, puis Tub.

Le 06/01/05, en plus de la relation  très particulière avec la mère, de l’agitation et de la violence, je dégage :

1) Un thème d’embrasser et d’être embrassée, dans la possession violente de l’autre

« Elle me caresse, elle me lèche, dit la maman, elle touche les gens, les enfants.

Elle voudrait toujours être dans les bras, le visage collé contre le mien.  Elle cherche à se mettre tout le monde à dos, et puis elle tombe en pleurant dans mes bras. »

Elle se roule par terre en criant, sa mère la prend de force  et finalement elle s’abandonne dans ses bras en gros sanglots

« Il y a un espace de plaisir de la consolation qui ne peut s’obtenir que dans le drame. »

Elle ne veut pas s’endormir sans nous. Entre minuit et 2h du matin, elle se réveille, il faut qu’elle couche avec nous, elle a besoin d’être dans les bras  et de toucher.

Elle dit : j’veux devenir maman, j’ai un bébé dans le ventre.

On ne peut pas la laisser avec un bébé. Elle l’approche, elle l’embrasse, et tout d’un coup, elle lui prend la figure et elle serre.

2) un  thème d’être comme possédée :

« On a l’impression qu’elle a quelque chose dans la tête qui lui fait dire la contraire de ce qu’elle veut.

Elle fait tout d’un coup une bêtise comme si elle était commandée par quelque chose qu’elle ne maîtrise pas

Tout d’un coup elle griffonne un livre sur ma table

Elle va embêter son frère, le pousse, le tape, lui pique son vélo, c’est pour sortir son père qui fait la sieste.

C’est un vrai petit diable insoumis :

-          promis que tu ne feras plus de bêtises ?

-          Si, j’en ferai encore des bêtises, je ferai pipi dans ma culotte.

-

3) Un thème des excrétions

Elle refuse le pot, elle fait pipi sur le canapé, caca dans la salle de jeu.

Elle se barbouille avec sa bave.

Elle touche ses excréments.

4) Un thème des égratignures

Si elle s’égratigne, elle le regarde pendant une heure

Donc des thèmes clairs de Mandragore, mais surtout : un comportement en accord avec la problématique :

« Il y a un espace de plaisir de la consolation qui ne peut s’obtenir que dans le drame. »

Ayant traduit l’hypothèse de l’IAEH, je reconnais clairement Mandragore :

L’hypothèse de l’IAEH (groupe masiste argentin) disait :

Mandragore a perdu la possibilité de recevoir agréablement les embrassades que pourtant il  désire, parce qu’il a refusé la présence de Dieu comme intérieure, à la source de sa vie, et en même temps extérieure, l’enveloppant tout entier. Il veut être pour les autres ce Dieu là. Mandragore veut embrasser en donnant forme, en limitant la chose qu’il pénètre en même temps de l’intérieur comme Dieu créateur des choses ».

Refusant cette présence intérieure, Solène veut se vider de quelque chose qui l’embarrasse, et c’est le thème des excrétions n’importe où et sans attendre. Mais quand elle se perçoit vide, elle souffre. Elle imagine un bébé dans son ventre pour la remplir.

On peut conclure que refusant d’être enveloppée par la Présence divine, elle se trouve dans une solitude affreuse, et elle cherche la présence, le contact, de sa mère pour l’envelopper, la prendre dans ses bras.

Puis, cette présence intérieure qu’elle a voulu évacuer par ses excrétions, bientôt, dans son délire,  elle s’en enveloppe : elle se barbouille avec sa bave, elle joue avec ses excréments.

Quand Solène observe les fourmis pendant des heures, elle est comme le créateur source de vie de ses créatures, et qui en même temps embrasse leur être, leur activité, et leur temporalité.

De plus, A Messager présentait un cas d’une autre petite Solène qui  par le comportement ressemblait comme deux gouttes d’eau à la mienne

Mandragore XM

Le 01/02/05

Moins de caprices.

Meilleur graphisme. Elle ne fait plus de gribouillages, elle aligne des traits.

Elle parle mieux.

Elle reconnaît les chiffres jusqu’à 4, elle les écrit.

Elle accepte d’aller se coucher seule.

On arrive à la raisonner. Elle laisse sa mère tranquille, joue calmement dans son coin.

Elle vient chercher de la consolation plus facilement en cas de conflit.

Elle est moins collée à sa mère.

Quand la mère joue au basket, elle accepte de ne pas marcher sur le terrain.

Elle est moins embêtante avec son frère.

Ses mains se dissocient mieux dans leurs mouvements.


Le 21/03/05

Elle ne faisait plus de  bêtises, elle recommence.

Mandragore XM dans l’eau et secoué

Le 01/07/05

Elle ne faisait plus  de colères. En lui expliquant, elle acceptait les interdits.

De nouveau opposée.

Mandragore 10.100

Le 09/09/05

Son sommeil, ça c’est complètement arrangé.

Moins opposée, on arrive à la faire  obéir. Si elle part devant, je ne me fais pas de souci, elle ne fera pas quelque chose de dangereux, elle ne traversera la rue.

Elle n’a pas été constipée de tout l’été.

Changement de maîtresse mal accepté à la rentrée, elle fait une angine.

Durant mon entretien avec la maman, elle se tient tranquille avec un livre d’images (au lieu d’aller vers les tiroirs pour les vider ou de se rouler par terre parce qu’elle veut qu’on s’en aille).

Elle refuse de me montrer sa gorge, mais je ne m’en inquiète pas, je suis sûre que Mandragore va la guérir rapidement. Elle se réfugie dans les bras de sa mère.

Mandragore 12000K

Le 26/09/05 (au  téléphone)

L’angine a disparu très vite. Elle continue à progresser, l’institutrice est très contente.

Le 02/03/06

Elle a repris Mandragore en Novembre (LM), décembre (50200), février (50300)

Elle est de nouveau énervée, mais a continué à progresser.

Elle est toujours à l’école maternelle, mais est reconnue maintenant capable d’apprendre à lire, ce qui n’était pas prévu, alors ils vont lui faire rattraper son retard en un an pour qu’elle puisse rentrer à la grande école.

Mandragore 50400

Le 17/08/06

Elle connaît ses lettres, et elle les écrit sous la dictée, elle écrit papa, Maman, Solène, Nathan (le nom de son frère), sans modèle.

La première semaine de  juillet, en vacances chez sa tante, elle était obéissante, acceptant les consignes, de bouée, de périmètre de proximité, de crème solaire, etc, et elle a tout expliqué à sa maman. Elle nage très bien.

Depuis mi juillet, désœuvrée, elle est très agitée et envahissante, tape de nouveau sur son frère, grince des dents.

Mandragore 24000K

Le 11/02/11

Elle a repris mandragore en dynamisations montantes à chaque fois que la mère l’a trouvée plus agitée, soit 3 à 5 fois par an.

Elle progressé régulièrement. Elle a une bonne écriture, peu de as, elle appelle tout le temps sa mère, la repousse, agace son frère, veut le voir sous la douche, serre sa petite sœur, ne la lâche pas. Bref, les mêmes thèmes, qui s’apaisent après la dosefautes d’orthographe, elle respecte bien les conjugaisons, elle compte, additionne, résout des petits problèmes, commence les multiplications.

Elle va entrer dans une classe d’inclusion à la 6ème.

Elle aime jouer à la maîtresse, elle écrit au tableau, elle parle à une assistance imaginaire.

Elle n’a pas acquis la pudeur, fière de montrer son soutien-gorge. Elle fait pipi comme un bébé sur le bord de la route sans se cacher.

Le soir elle se couche toute seule et se balance. Mais elle ne se balance plus dans la journée depuis déjà 2 ans.

Quand elle a besoin d’une dose, elle s’ennuie, elle ne peut plus rester sur un jeu, elle est agaçante, elle cherche les autres, elle s’occupe de ce qui ne la regarde p

Cependant, ces mauvaises périodes sont moins dramatiques, on peut l’emmener faire des courses sans qu’elle coure partout, se roule par terre, elle suit et obéit.

On ne remarque plus sa microcéphalie.

En septembre 2011, elle est acceptée en 6ème au collège, dans une classe d’intégration. Ça se passe  bien, elle va au self, elle fait de la natation avec un groupe normal.

14/20 en biologie.

6/10 en histoire géo.

Elle a été au futuroscope, elle m’a très bien raconté, les attractions, la chambre d’hôtel, les réactions de sa petite sœur.

Mais elle sait aussi raconter des choses complètement inventées.

Elle a fait le cross avec la classe.

Quand elle prend une dose, elle s’améliore au plan caractériel et du coup peut faire des progrès intellectuels.

Elle n’a plus de période dépressive. On peut lui faire plaisir.

Malheureusement Solène mourra dans un accident dans le courant de l’année 2012

Dr Fayeton. Le 26/10/12



Mandragore, cas clinique de MC Duniau

Gabi

Le 12-06-2010, GABI, 17 ans, vient avec ses parents. Un frère, 20 ans, musicien. Sa mère est vétérinaire, homéopathe, elle m´a demandé de les recevoir en désespoir de cause, ils avaient consulté un neurologue à la suite de « troubles  du comportement et difficultés scolaires». Diagnostic : TDAH et « troubles bipolaires ». Elle se faisait suivre par un confrère, sans résultat, avait déja pris Anac, Tub, Sulph, Thuya. Le neurologue (qui en réalité, je l´apprends plus tard, est un psychiatre) lui avait prescrit Lamitor + Ritaline. Elle est suivie depuis un an par une psychologue. Son père est statisticien, travaille à São Paulo, vient tous les week-end à Rio. D´après la mère, il est « très présent », il téléphone tous les jours.

Les parents sont très angoissés, et parlent beaucoup du TDAH : ce diagnostic explique, d´après eux, tous les symptômes.

C´est sa mère (M) qui prend la parole :

M : Sans problème pendant toute ma grossesse, jusqu´au 7ième mois. Le médecin disait que le coeur battait trop lentement, qu´elle devait avoir le cordon autour du cou, mais les échographies étaient normales. L´accouchement a mis longtemps, elle est née toute ridée. Il y avait beaucoup de lumière dans la salle de travail.

Elle n´était jamais malade, si elle avait de la fièvre un jour, le lendemain il n´y avait plus rien. La première fois qu´elle a pris des antibiotiques elle avait 11-12 ans, une amygdalite très forte. Quelques années plus tard, une sinusite.

(Père) : C´était une enfant très peureuse, elle ne pouvait jamais dormir seule, elle pleurait, il fallait qu´elle s´endorme agrippée à sa mère, pendant la nuit elle appelait sa mère. Ce n´était pas un sommeil agité, elle ne remuait pas dans son lit, mais elle se réveillait pour un rien, un tout petit bruit. Elle avait très peur de tout jusqu´à environ 14 ans.

Gabi : quand j´étais petite j´avais peur de vampires, de loup-garou et de fantômes. Tous les bruits que j´entendais, j´imaginais des choses. Ensuite j´ai continué à avoir peur des esprits et du diable.

J´avais peur de mon frère, il était somnambule, je croyais qu´il était possédé. On dormait dans la même chambre. Je lui demandais de me tenir la main bien fort.

J´avais l´impression qu´il y avait des démons sous mon lit, je dormais par terre, contre le mur, avec des tas d´oreillers autour de moi, je m´agrippais à la Bible, tenais mon chapelet, je mettais des images de saints partout sur moi. A 12-13 ans. A 15 ans, j´ai changé de chambre, et mon père m´a dit que si je croyais en Dieu je croirais aussi au diable. Alors j´ai arrêté de croire aussi bien en Dieu qu´au diable.

M : bébé, elle ne voulait pas dormir, elle pleurait beaucoup, je me demandais si j´avais assez de lait, mais elle prenait du poids. Elle avait du mal à s´endormir, elle ne faisait pas de sieste. A 7 mois elle a sauté du berceau. Elle ne supportait pas les berceaux, ni les poussettes. Il fallait la sortir du berceau, la prendre dans les bras.

Si on sortait en voiture, elle criait, elle hurlait, elle se mettait debout, donnait des coups de pied, elle grimpait aux sièges, jusqu´au moment où on arrivait. La seule chose qui la calmait c´était de lui donner du pain : je mettais du pain au congélateur, elle le mâchait, elle le rognait, elle n´avait même pas de dents encore.

On faisait du camping, elle avait peur, elle disait « je veux rentrer à la maison ». Même encore aujourd´hui, quand on part pour le week-end, elle demande à rentrer.

Elle ne supportait pas le bruit, les fêtes, elle criait.

Elle est impulsive, tout est toujours très vite, très intense, elle se met au désespoir. Elle devait avoir environ 6 ans, elle a voulu des pop corns, je lui ai dit « non », elle a lâché son cartable et est partie en courant dans la rue, au milieu des voitures. Quand elle a dû faire un rappel de vaccin, elle est retournée en courant à l´école, elle s´est agrippée à la grille en hurlant.

Elle était très jalouse, ne voulait pas qu´on ait un autre enfant.

Elle était très extravertie, sympathique, une maîtresse disait que quand elle rentrait dans la classe, c´était comme un rayon de soleil. Très séduisante aussi. Un ami à nous est venu un jour à la maison, il discutait avec son frère, elle est allée se déguiser et l´a invité à danser, elle avait 7-8 ans.

P : elle a toujours aimé les couleurs, l´art, la lumière, il fallait toujours beaucoup de lumière, elle disait que la maison était sombre. Elle fonctionne plus sur l´émotion et l´intuition que la raison. Elle aime la musique, la peinture, la danse. Les jouets, il les fallait très bariolés.

M : petite, elle aimait beaucoup manger. Elle était bébé, un jour elle nous a vu manger des pâtes, ce fut un scandale, elle en voulait. Elle mangeait bien, je crois que ça apaisait son angoisse.

Elle pleurait quand on lui changeait sa couche, mais elle ne pleurait pas quand elle était sale, elle pouvait rester dans son caca sans se plaindre.

Seule avec Gabi :

Ça a commencé à 11 ans, j´ai commencé à mentir à ma mère, j´avais peur qu´elle ne découvre que j´avais fait des bêtises, des bricoles, genre « j´ai acheté un truc à la cantine ». Quand elle me posait des questions, je racontais mensonge sur mensonge, pour ne pas qu´elle soit déçue.

Il y a 2 ans j´ai commencé à mentir sur des choses sérieuses. J´ai dit que j´allais chez une copine, à l´époque j´étais folle amoureuse d´un garçon qui habite à Copacabana, je suis allée chez lui. Elle l´a su, je suis rentrée à la maison, le chaos. C´était la veille de mon anniversaire, j´ai perdu la fête. L´année suivante, quand j´ai renoué avec ce garçon, je l´ai dit à ma mère.

J´ai toujours eu ce truc de cacher des choses. Hier j´ai découvert le mot de passe de l´ordinateur, je n´ai rien dit. Je ne me rends pas compte du problème, j´ai pas l´impression que c´est grave, je m´en rends compte seulement après. J´idolâtre ma mère, lui donne trop d´importance, de valeur, toute dispute avec elle pour moi c´est la crise. J´ai envie de me tuer, j´ai beaucoup d´idées de suicide, genre me jeter par la fenêtre, j´ai déjà pensé à me couper les veines.

J´ai beaucoup de mal à me concentrer, ça va mal au lycée. Si j´avais des mauvaises notes, je me tuerais. Il y a quelques jours, j´ai piqué une « crise ». Elle avait défini un horaire pour travailler mes cours, si je me levais pour aller aux toilettes elle faisait un scandale, je lui ai crié dessus.

Quand ça m´arrive, j´écris, je dessine ce que je ressens. Des poèmes, sur la vie, sur la mort. Ce jour-là, j´ai écrit une lettre d´adieu pour tous. Je n´aime pas qu´on lise ce que j´écris, je suis entrée dans une rage folle quand elle l´a lue.

C´est comme une transe, je commence à trembler, c´est involontaire, on dirait que mes muscles se coincent, toujours dans la même position, accroupie, c´est seulement moi et ma tête, mon corps coincé, consciente de ce que je fais mais sans réussir à m´arrêter, je répétais « idiote, idiote ». Dans ma tête je n´arrive pas à réagir, je me rends compte, mais n´arrive pas à sortir de la transe. Je culpabilise, je m´insulte. A chaque fois que ça m´arrive je culpabilise pour toujours, pour tout. Parfois j´enlève mes habits, je me mets sous la douche, j´ai l´impression qu´il faut que je me nettoie, tout me gêne, je me recroqueville comme ça (elle me montre : position foetale).

Ça t´arrive souvent ? – assez, oui. Cette année j´en ai déjà eu 3.

Suffoquée par tout ça. La seule personne qui arrive à me calmer c´est mon frère.

Moi : Comment ?

Il vient, me prend dans ses bras, me parle. Je n´arrive pas à contrôler mon corps. Consciente dans ma tête, mon corps ne suit pas. Je ne me supporte pas à ce moment là. J´ai envie de mourir. Quand je pense à la mort, je me demande si je vais leur manquer.

Un jour j´ai eu une transe comme ça, mais plus bizarre, c´était comme si il y avait 2 personnes dans ma tête, comme si c´était 2 personnalités différentes, 2 personnes qui se parlaient. L´une était bien gentille, l´autre était très méchante. C´était il y a 3 ans.

Je ne mens pas à mon père, on se ressemble plus, on discute, ensuite je demande pardon. Ma mère est incapable de s´excuser.

Elle fut une fille parfaite pour sa mère, moi je suis une fille horrible.

Autre chose aussi qui m´embête, c´est la nourriture. A 15 ans, j´ai fait de l´anorexie, je pesais 36 kg. Je me trouvais grosse, je voulais maigrir davantage. Je voyais ma cousine maigrir, je me trouvais grosse.

Je m´insultais, en me regardant dans la glace : « tu vas arrêter de manger des sucreries, tu vas arrêter le café ». J´essayais de vomir, mais n´y suis jamais arrivée. Je crachais tout ce que je mettais dans la bouche. Au Portugal, ma mère s´en est rendue compte et m´a obligée à manger. J´imaginais le trajet de la nourriture, ça me répugnait. J´étais constipée, je me faisais des tisanes pour évacuer. Un jour ma mère m´a dit que ma tante n´aimerait pas me voir comme ça, j´ai pleuré et j´ai recommencé à manger. Ensuite j´ai fait un régime pour grossir. J´ai eu quelques rechutes, j´ai du quitter la danse à cause de ça, j´en faisais depuis toute petite, un traumatisme, une souffrance. Encore maintenant je suis névrosée par rapport à mon corps. Mais je pense maintenant qu´un beau corps est un corps bien défini. Une névrose.

Végétarienne, comme la maman : manger des animaux morts, quelle horreur !

Même encore maintenant je parle à ma tante, je l´adorais. (La tante vivait avec ses enfants et son mari au Portugal, et est décédée il y a 3 ans d´un cancer du sein).

Comme elle faisait sur la table des figures avec ses doigts, je lui fournis du papier et des crayons, et lui demande de dessiner ce qu´elle veut (dessin n°1) :

C´est d´après un dessin de ma mère : un visage déformé, une ruche, mon oeil serait une abeille, mais j´ai fait un papillon, c´est plus joli, ça représente ma mère. Mes yeux sont ma mère. Une ruche, car ma tête est toute embrouillée, le réveil parce que ma vie est chronométrée.

Mes cheveux prennent racine dans la musique, avec des lettres, j´aime écrire. Mes cheveux sont noirs (elle est blonde), à cause de tous les problèmes qui s´agrippent à ma tête et que je n´arrive pas à résoudre. La tresse, c´est parce qu´ils s´entrelacent, je n´arrive pas à les séparer. Je n´ai pas de bouche, je ne fais jamais de bouche.

Souvent je dessine des flèches, ou des fleurs, pour passer le temps.

Les rêves : je rêve tout le temps. A un moment je rêvais beaucoup de baleines. Beaucoup de cauchemars, des rêves complètement fous.

R1 : j´avais vu le dessin animé Mulan. J´étais dans le salon avec ma famille, le méchant de Mulan arrivait, il tuait toute ma famille, avec du feu. J´avais survécu, j´ai réussi à m´échapper, quand j´ai ouvert la porte de la maison, j´étais au Japon. Un moine arrive et m´amène à un endroit pour m´enseigner comment vivre sans sentiments, pour ne pas souffrir. J´ai fait plusieurs fois ce rêve.

R2 : une baleine qui sort du sable, et avale la famille. 2 baleines tombent. Quand la troisième baleine tombe, la montagne s´ouvre, en sortent des animaux préhistoriques, des mammouths, des dinosaures. Ensuite, un tsunami arrive, le monde disparaît.

R3 : il y avait un démon qui gardait la porte. Mon frère se moquait de lui, j´ai ouvert une autre porte, il y avait un tribunal avec un autre démon. On a réussi à s´enfuir.

R4 : 2 rêves de cannibales.

R5 : il y a quelques années je rêvais souvent d´une vieille dame qui me disait que j´allais mourir, mais que je ne devais pas m´inquiéter, car j´irais dans un endroit merveilleux.

Le premier rêve avec cette dame : je me disputais avec des copines, car elles jouaient avec des cadavres. Je leur disais de ne pas y toucher, car elles dérangeaient leurs âmes. Soudain plusieurs esprits commencèrent à sortir d´une piscine, mais j´étais la seule à les voir. A ce moment-là la dame est apparue et m´a dit « ne t´inquiètes pas, ma fille, tu vas bientôt mourir, mais nous avons tout préparé, tu vas dans un endroit merveilleux ». Cela me rassurait.

R6 : je ne sais plus comment, mon frère et moi nous arrivâmes dans une grande cour ouverte. On s´enfuyait. Soudain apparaît la vieille dame, mais cette fois-ci, elle était sombre et méchante. Elle disait des choses méchantes, qu´elle nous tuerait avec un oiseau, nous ne pourrions pas nous échapper. Au contact de la lumière du soleil l´oiseau émettait des rayons, qui à leur tour, en touchant les gens, les réduisaient en poussière, c´était une mort douloureuse. Après plusieurs tentatives de fuite, sans succès, la vieille arrive avec ses comparses et nous enferme dans un carré qui s´élève dans les airs, nous ne pouvons plus échapper. Quand l´oiseau entre, il me regarde dans les yeux, comme s´il m´aimait bien, et ne voulait pas me tuer. Il essaie de tout faire pour bloquer les rayons du soleil. Quand on se rend compte que ça ne marchera pas, mon frère me prend dans ses bras et essaie de se mettre devant les rayons pour qu´ils ne m´atteignent pas. Je sens mon corps devenir poussière, celui de mon frère aussi. Je me suis réveillée très angoissée.

Pas de remède, je décide de mieux étudier le cas, car je suis impressionnée par le dessin et par les rêves, la famille comprend. 3 jours plus tard, je lui demande de prendre Mandragore, une dose 1 MFC.

Le 26-06, par mail :

Je suis sûre de rêver, mais ne me souviens pas très bien.

Pour le remède, je me sens bien mieux, j´ai l´impression que j´arrive mieux à me concentrer, je n´ai pas eu de crise, ni de pensées de mort.

Elle a arrêté Ritaline et Lamitor.

Le 30-06, par mail :

R7 : j´ai rêvé d´une forêt, elle était toute en couleurs, des couleurs phosphorescentes. Je courrais vite, sans but, j´ai rencontré un Avatar. Soudain, une amie est arrivée, on parlait de la vie dans une grande fleur phosphorescente.

Le 03-08, par mail :

Encore stressée, et sensible, plus que d´habitude. Là au fond, j´ essaie de me contrôler, mais c´est difficile.

Mandragore 10 MFC

Le 21-08 : consultation

M et P : encore des difficultés mais c´est moins intense qu´avant, on se rend compte que ça va mieux. Et ça passe plus vite, elle revient plus vite.

Pourtant il y a encore pas mal de problèmes : la mère dit qu´elle n´a pas d´amies, seulement des copines qui sont plutôt des « mauvaises fréquentations ». Elle dit aussi qu´elle a des problèmes d´hygiène, qu´elle laisse traîner ses culottes sales, etc. Qu´elle aime « provoquer », séduire les copains de ses amies, qu´elle a tendance à porter des décolletés, des jupes très courtes, etc. (Moi je trouve qu´elle s´habille comme n´importe quelle fille de son âge, ni plus décolletée, ni moins).

Par téléphone, la mère m´avait dit que Gabi avec déjà eu des rapports sexuels avec son premier petit ami, mais qu´elle se refusait à en parler, car « ça ne s´était pas bien passé ». Les règles sont régulières, mais peu abondantes et courtes (3 jours au maximum). Elle se plaint toujours qu´elle ne saigne pas assez. Par contre, elle a souvent beaucoup de pertes qui sentent très fort, et tachent ses culottes.

Avec Gabi : pas de « crise », pas de cauchemar, pas d´idées de suicide. Intérieurement, je me sens plus sûre de moi, de ce que je pense, ce que je dis. Je faisais un effort inhumain pour me contrôler, c´est plus simple maintenant, sauf cette semaine, j´ai craqué. Je me rends compte combien j´étais dépendante de ma mère, de ce qu´elle pense, je faisais tout d´après ce que j´imaginais qu´elle pouvait penser. Maintenant, je veux faire ma vie indépendamment de ce qu´elle pense. Je ne la vois plus « parfaite » et moi « horrible ». Je me sens plus adulte.

Il y a longtemps que je ne fais rien qui me fasse vraiment plaisir, qui me fascine : la danse, dessiner, écrire. J´ai du mal à me concentrer, surtout en maths, en chimie, en physique. Quand j´en parle à ma mère, elle ne me croit pas. Mais quand je ne travaille pas, je le dis.

Deuxième dessin : la fleur du rêve où elle parlait de la vie avec sa copine.

Et les copines ? Les amies ? Je n´ai jamais eu de vraie amie, pourtant j´essaie. J´ai l´impression que les gens ne veulent pas de moi. J´avais une bonne copine, soudain elle a rompu, elle ne me parle même plus. Elle m´a piqué mon petit ami l´année dernière, je me suis mise dans une rage folle, maintenant elle dit du mal de moi à tout le monde.

En réalité, la maman m´avait dit le contraire : c´était Gabi qui avait séduit le petit ami de sa copine.

Pas de prescription.

Le 14-09 : (par tel) un maximum de stress, période d´examens et de contrôles. A du mal à se concentrer. A la maison, pression maximum, surtout de la mère qui contrôle à la minute près tout ce qu´elle fait. A nouveau des idées suicides, mais pas de rêves de mort, pas de cauchemars, pas de « crise ». Elle veut reprendre de la Ritaline, sur les conseils de la neurologue. Elle en reprendra pendant un mois, 20 mg par jour, malgré mes conseils.

Reprendre Mandragore 10 MFC

Elle a repris une dose de 50 MFC début décembre, pour les mêmes raisons, si elle n´était pas reçue aux examens, elle serait obligée de changer de lycée. Fin décembre : Mandragore 100 MFC, elle n´a pas réussi à passer en classe supérieure dans toutes les matières, elle devait passer des examens de rattrapage de plusieurs matières début janvier.

Après la dose : Bien, elle a réussi les examens, beaucoup plus calme par rapport à tout.

09-04-2011 : consultation

Avec les parents :

M : on dirait qu´elle fait comme si l´autre n´existe pas, froide, distante. C´est de la maltraitance. Par exemple : je n´ai qu´un jeans, elle en a des tas, elle me pique le mien, et va se changer en cachette dans la chambre de bonne. Ma soeur m´avait donné une robe, que j´aimais beaucoup. Elle me l´a piquée, et l´a découpée pour s´en faire un bandeau. Ensuite, elle se pose en victime, elle arrive à nous faire sentir coupables de la situation.

P : elle est d´une arrogance, se croit supérieure à tout le monde, croit qu´elle peut faire n´importe quoi, tout ce qu´elle veut. On a toujours l´impression qu´il lui manque quelque chose.

Moi : quoi ?

P : la spiritualité.

Avec Gabi : à la maison tout est motif de discussions, conflits, etc. je suis très stressée, angoissée. Tout ce que je fais, même des broutilles, ils me disent que je suis grossière. Ma mère se plaint que je ne suis pas câline, un jour elle m´a dit que quand j´étais câline c´est que je voulais obtenir quelque chose, un chantage en sorte. Ce n´est pas vrai. Depuis je suis sur mes gardes. C´est elle qui a construit cette barrière, maintenant elle m´en veut. Je suis trop impulsive pour faire du chantage.

On est vraiment en conflit toutes les 2. Elle me suffoque, contrôle tous mes horaires, ce que je fais à la maison, elle attend trop de moi, c´est impossible.

L´autre jour j´ai explosé, j´ai dit des tas de choses que je n´aurais pas du dire, j´ai dit aussi que je voulais quitter la maison. Hier finalement, on a réussi à discuter, elle a dit qu´elle allait essayer de ne pas me suffoquer autant.

Cette année c´est épouvantable, c´est l´année du bac, il faut absolument que je réussisse, je travaille entre le lycée et la maison de 7 heures du matin à 11 h. du soir, le week-end, pareil, si je n´ai pas le calme à la maison je n´y arriverai pas. La Ritaline m´aide à me concentrer, j´oublie tout ce qui est autour, je veux en reprendre régulièrement. La neuro est d´accord.

Là je remarque que les conflits avec la mère éclatent quand elle prend de la Ritaline, c´est à ce moment là qu´elle se dit plus « stressée », « énervée », qu´elle crie, etc. Je le lui fait remarquer, elle est d´accord, mais elle me dit qu´elle se sent mieux avec. Pourtant : c´est pareil quand je prends une dose, je suis plus calme, plus centrée, plus affectueuse. Je peux en prendre une tous les jours ?

Rêves : pas de cauchemars. Des rêves dont je me souviens peu, avec mes copines.

Je continue à écrire et à dessiner, mais rien de morbide. Mais je ne montre plus rien, je cache tout.

Elle me fait le 3ème dessin : j´aime dessiner des fleurs et des yeux, des lignes courbes, je ne fais jamais de « carrés ». Parfois je fais seulement un oeil, un oeil géant.

Mandragore 500 MFC.

Depuis, par tel : ça va beaucoup mieux. Plus sereine, plus affectueuse. Pas de cauchemars, pas de « crises », pas angoissée. Je fais ce que je peux.

Le 22/06/11, Gabi va très bien. Elle a complètement arrêté la Ritaline, “J´ai l´impression que ça me fait du mal”, elle a eu une bonne angine (qu´elle n´avait pas depuis des années) et qui s´est passé toute seule, avec du propolis et des gargarismes., elle n´a pas de cauchemars, et si de temps en temps elle a quelques sautes d´humeur, ça passe vite, elle arrive “à se raisonner”.


Les thèmes de Mandragora chez Gabi :


Embrassée, entourée, enveloppée

L´ombre et la lumière, désir de lumière

Dieu et le diable, le démon, les esprits malins

Possédée

Le refus de se soumettre

La mère : dépendance et agressivité ; voir sa mère sous un autre regard

L´oeil

La mort, les idées suicides

Ecrire et dessiner, les arts en général

Cacher, en cachette

Intense

Exploser, la violence

Le chaos

Froide, distante, arrogante

L´image de soi, l´anorexie

La difficulté de se concentrer,

Etre victime

Séduire, la sexualité

Manger >

La saleté, rester dans son caca, se nettoyer

Etre dans un autre monde, une autre réalité

Les limites

La conduite addictive : Ritaline, les doses de Mandr, la nourriture

Les excrétions


L´hypothèse de L´IAEH disait (AFADH, L´envie de la Science de Dieu):

« Mandragore a perdu la possibilité de recevoir agréablement les embrassades que pourtant il désire, parce qu´il a refusé la présence de Dieu comme intérieure, à la source de sa vie, et en même temps extérieure, l´enveloppant tout entier. Il veut être pour les autres ce Dieu là.

Mandragore veut embrasser en donnant forme, en limitant la chose qu´il pénètre en même temps de l´intérieur comme Dieu créateur des choses ».

Gabi refuse la présence intérieure de Dieu, elle dit clairement qu´elle ne « croit plus ni en Dieu ni au diable ». Mais ce vide (que pourtant parfois elle provoque avec les tisanes laxatives, l´anorexie), les règles « qui ne saignent pas assez », les pertes vaginales, etc. est sa souffrance, car c´est le diable qui l´envahit, c´est pourquoi elle a ces « transes » dont elle n´émerge que quand elle est totalement enveloppée et embrassée (par son frère, par sa mère, par les oreillers, les images saintes, etc). Même son père le dit « il lui manque la spiritualité ».

Quand elle pique les affaires de sa mère, c´est une façon de se l´approprier, de s´en envelopper, car maintenant elle la voit « sous un autre regard » et commence à vouloir s´en détacher.

De même, sa conduite addictive est une tentative de « faire rentrer quelque chose » à l´intérieur.

L´expérience sexuelle qui « ne s´est pas bien passée » me fait penser qu´elle a sans doute ressentie la présence de l´autre comme un viol.

Gabi n´est qu´au début du long chemin de retour à Dieu, à accepter Dieu comme une présence intérieure et enveloppante bienfaisante, c´est dur, les conflits fréquents, sa souffrance est encore immense.

Le 14/04/14

Je vois Gabi régulièrement, environ 2 fois par an, elle va très bien, plus d´histoires de diable, elle a un copain depuis un an, elle est en fac.


Marie Christine Duniau





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